DMC… ou la cité interdite

Le site est énorme et occupe 70 hectares c’est-à-dire presque autant que le centre-ville de Mulhouse (la zone d’activité de DMC occupe seulement 17 hectares). La ville a entrepris une réflexion sur la reconversion du site il y a déjà 15 ans.

Le Salon du Mariage organisé dans le bâtiment de Motoco, un exemple du type de manifestation que la SAS va organiser sur le site de DMC

Aujourd’hui la volonté et de la Ville et de m2A, propriétaires du site, est d’y créer des activités émergentes, autant culturelles qu’alimentaires avec, pourquoi pas, l’installation d’un centre de recherches sur les énergies futures. D’ailleurs cet espace est l’un de ceux qui ont été retenus pour postuler à la sélection des projets du Programme d’investissement d’avenir (PIA), sélection dans laquelle m2A est toujours en course.

Le projet porté par Rhenamap
Parmi les projets en cours d’élaboration, celui d’un système alimentaire localisé en Sud-Alsace et s’appuyant sur le réseau Rhénamap créé en 2010. « Nous avançons sur le projet porté par l’association SALSA (Systèmes alimentaires localisés en Sud-Alsace) et dédié à l’alimentation durable. C’est un projet d’agriculture urbaine, de circuits courts. C’est un projet emblématique porté par la ville, l’agglomération et l’association », explique Michèle Lutz, la maire de Mulhouse. Le projet est porté par le réseau Rhénamap, déjà connu pour les distributions de paniers du jeudi soir. Rhénamap, c’est aujourd’hui 28 producteurs et artisans qui distribuent leurs produits à environ 1.200 familles dans onze lieux du Sud-Alsace. Le projet SALSA devrait permettre d’aller beaucoup plus loin. Pour l’heure, les paniers de Rhénamap sont distribués les jeudis de 18h45 à 19h45 dans le bâtiment 57 sur le site DMC. Le projet SALSA lui pourrait s’installer dans le bâtiment 48, un bâtiment en sheds de 2.400 m2. L’inauguration est programmée au deuxième trimestre 2019, au terme de trois années d’études et de projets dans ce bâtiment en très mauvais état. (www.rhenamap.org)

Crédit photo: Michel Caumes

Une ville dans la ville
L’ensemble des bâtiments en briques rouges représente une surface de planchers de l’ordre de 100.000 m2. La reconquête du site a démarré par l’installation de Motoco (activités créatives). Monté sous la forme d’un système associatif, Motoco vient tout juste de changer de statut après quelques ratés financiers et un modèle économique qui a vite montré ses limites (lire encadré). Aujourd’hui, Motoco est devenu une SAS (société par actions simplifiées), portée par 6 chefs d’entreprises associés et dont Martine Zussy est la présidente. Cette SAS louera le bâtiment 75 qu’elle occupe actuellement. Un peu plus loin, le bâtiment 57, avec sa grande cheminée devrait faire place au printemps 2019 à un complexe de loisirs urbains centré sur l’escalade : le projet CMC pour “Climbing Mulhouse Club”, qui va exploiter la plus haute salle d’escalade de France, soit 26 mètres de hauteur et part sur une fréquentation annuelle de l’ordre de 45.000 personnes. À terme, la création d’un espace consacré à la pratique de la spéléologie, tant amateur que professionnelle (entraînement des services de secours) est également prévue. Un autre bâtiment a également été en partie vendu (le bâtiment 62) pour y créer des lofts, projet conçu par la société Loft Company, qui est déjà à l’origine des lofts de Manurhin à Bourtzwiller ainsi qu’à la Fonderie. Le projet sur DMC porterait sur une cinquantaine d’appartements de très haute qualité avec des petites maisons sur le toit. Le bâtiment devrait également abriter des activités tertiaires et notamment une entreprise d’informatique d’une centaine de personnes. Le site devrait aussi accueillir de la restauration et des activités de loisirs. En attendant que tout se mette en place, m2A dépense entre 1,5 et 2 millions d’euros par an pour assurer l’entretien du site.

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Motoco est mort… vive Motoco & Co

Crédit photo: Michel Caumes

Fin 2016, l’association Motoco (contraction de l’expression anglaise “more to come”, “plus à venir”) était liquidée par la première chambre civile du tribunal de grande instance de Mulhouse. Installée depuis le printemps 2013 dans un des bâtiments de l’ancienne usine DMC à Mulhouse, l’association Motoco avait pour objet principal de concevoir un laboratoire grandeur nature ouvert sur la société post-industrielle dans ses dimensions multiples (éducation, économie, expérimentation, écologie, échanges, égalité et expression). Elle accueillait dans ses locaux différents artistes et entrepreneurs qui y louaient des espaces de travail et pouvaient ainsi échanger avec les autres locataires. Mais la belle aventure a tourné court avec des charges mal calculées, des loyers impayés et surtout, une gestion de type “amateur”. En cessation de paiement, l’association a été contrainte de faire cet acte de gestion pour stopper l’hémorragie financière [on parle d’un “trou” de près de 150.000 euros]. Le bâtiment 75 de DMC ne s’est pas vidé pour autant. Les artistes qui y logeaient ont continué leur travail. Les propriétaires des lieux, m2A (Mulhouse Alsace Agglomération) pour la friche DMC et la Ville de Mulhouse pour le bâtiment, ont mandaté Martine Zussy, pour la partie administrative, et Sandrine Wymann, pour la partie artistique (directrice de la Kunsthalle).

Crédit photo: Michel Caumes

La seconde vie de Motoco
Les artistes continuent à louer leur propre espace. « Entre un quart et un tiers du bâtiment peut entrer en location. Nous voulons garder des lieux pour créer un incubateur pour les nouveaux diplômés de la HEAR (Haute école des arts du Rhin) et les résidences d’artistes. Les nouveaux résidents seront validés par un nouveau comité qui se renouvellera tous les six mois et regroupera les représentants des propriétaires, d’IBA et des résidents », explique la nouvelle équipe en place. Différents pôles d’activités vont se mettre en place : un pôle image, un pôle textile, un pôle pédagogie et un pôle bois et métal comprenant notamment le fablab, dont l’activité va redémarrer avec les membres d’openfab. Durant presque une année une réflexion a été menée autour du nouveau modèle économique envisageable afin de poursuivre à cette aventure culturelle (associatif, coopératif ou sous la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif). Finalement c’est une SAS (société par actions simplifiées) qui a vu le jour.

Autour de la présidente, qui n’est autre que Martine Zussy, sont rassemblés six entrepreneurs fortement investis dans la réussite du projet (Patrick Rein (KMØ), Bertrand Jacoberger (Solinest), Guillaume Delemazure (DEA Architectes), Jérôme Koch (Zuber Laederich), Christian Lehr (Viasphère) et Yannick Etter (Passion Automobiles). Un fonds de dotation sera mis en place pour le soutien aux activités artistiques. Le site coûte actuellement 200.000 € à la collectivité, somme prise en charge par la SAS. Baptisée Motoco & Co, elle aura pour mission de maintenir les locations aux artistes et de financer la structure avec des événements (salon du mariage, festival Génériq, Text’Ill…). Une centaine d’événements payants seraient nécessaires pour parvenir à un équilibre financier. Une quarantaine de dates sont déjà fixées pour 2018. A terme, Motoco hébergera environ 150 personnes avec une dizaine de résidences éphémères pour les artistes ayant des projets nécessitant de grandes surfaces pour plusieurs mois. Un bail emphytéotique de 25 ans devrait être signé très prochainement entre la SAS et le propriétaire du site.

Pierre Alain

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