Le Verger de Mathilde, le double défi de Joëlle Ruehr à Helfrantzkirch

Joëlle Ruehr est partie de rien. En 2003, elle reprend les terres de sa grand-mère, Mathilde avec cette envie de produire quelque chose. Dix-sept ans plus tard, le Verger de Mathilde c’est pas moins de 13 hectares de productions fruitières en agriculture biologique.

Produire en bio
C’est un double défi que décide de relever Joëlle Ruehr en 2003. Celui, d’abord, de créer, seule, sa production fruitière. Celui, ensuite, de produire en agriculture biologique. De 50 ares à ses débuts, Joëlle Ruehr exploite aujourd’hui près de 13 hectares. Ce projet lui a demandé un budget de 300 000 euros d’investissement au tout début de l’aventure. « Je me suis lancée seule mais avec l’aide de ma famille. C’est important de se sentir soutenue, surtout au démarrage, souligne la chef d’exploitation. J’ai démarré de rien, avec quelques arbres fruitiers, des petits fruits et un peu de maraîchage.L’idée n’était pas de produire pour produire, mais de produire de manière réfléchie. C’est pour cela que je me suis lancée dans le bio». Seule pendant sept ans, Joëlle Ruehr fonctionne d’abord avec l’aide de saisonniers. Sa première embauche date de 2010. Un temps partiel supplémentaire a rejoint l’équipe depuis. Une équipe qui peut atteindre jusqu’à 15 personnes avec les saisonniers, au plus fort de la saison.

2015, le virage fraises
Le Verger de Mathilde c’est aujourd’hui une production de 60 tonnes de pommes en moyenne par an, 5 tonnes de poires, 8 tonnes de cerises, 3 tonnes de framboises et 20 tonnes de fraises. Une production qui devrait s’accroître d’ici deux ans pour les poires, avec un objectif de 40 à 45 tonnes par an. « Nos vergers sont encore jeunes, il leur faut le temps de mûrir, souligne l’exploitante agricole. Nous proposons aussi des prunes, des mirabelles. Nous avions même testé les abricots, pendant dix ans, mais en bio, c’est compliqué. Nous produisons également des petits fruits: framboises, mûres, groseilles, cassis». En 2015, le Verger de Mathilde opère un premier virage. Celui des fraises. De cinq hectares, la production a quasiment triplé.

2011, la création d’un magasin de vente directe
L’autre virage, c’est la création du magasin, en 2011, pour développer la vente directe qui se faisait avant au domicile de la famille Ruehr. Une boutique dans laquelle Joëlle Ruehr a étoffé sa gamme en travaillant avec d’autres producteurs. « Ce sont des produits que l’on ne trouve pas en grande surface, souligne-t-elle. Nous les choisissons au gré de nos rencontres ». Depuis quelques mois, le magasin s’est agrandi pour y installer un Biocoop Corner. Il en existe quatre seulement, pour l’heure en France, dont deux en Alsace. « Notre rencontre avec le réseau s’est fait parce qu’ils recherchaient des fraises en bio. C’était il y a sept ans environ. On en a fait pour eux. Nous fournissons désormais le réseau national. Nous avons même poussé pour que les barquettes plastiques soient remplacées par des barquettes recyclables».

 

De nouvelles envies
Le Verger de Mathilde a atteint son rythme de croisière. Un rythme qui lui convient bien. Joëlle Ruehr a désormais d’autres envies, comme celle de reprendre son atelier de confiture. « Le savoir-faire, je l’ai, glisse-t-elle. J’aime transformer. Il faudrait pour cela ouvrir un poste afin que quelqu’un prenne ma place ».

Emilie Jafrate

Le Verger de Mathilde
51 rue Principale, Helfrantzkirch
03 89 70 86 98
verger.mathilde@orange.fr
Facebook : Le Verger de Mathilde

Ouverture de la boutique:
Mercredi et jeudi 9h à 12h et 13h30 à 19h, vendredi de 9h à 19h, le samedi de 9h à 13h.

Sur les marchés:
Ranspach-le-Bas les mardis après-midi
Riedisheim le mercredi matin
Altkirch le samedi matin.


Informations sur l'auteur :

Emilie Jafrate

Journaliste

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