Andrea Bon, la success story à l’italienne

Après l’Engel’s Coffee en 2012 et Mamma Mozza en 2015, Andrea Bon vient d’ouvrir sa troisième enseigne à Mulhouse: Andreucci. Retour sur le parcours entrepreunarial de ce Mulhousien d’adoption.

Andrea Bon (à droite) et son équipe – crédit Mars Rouge

Du Frioul à Mulhouse
Son accent ne laisse aucun doute. D’origine italienne, c’est en Alsace, qu’Andrea Bon a tenté l’aventure entrepreunariale. Il arrive dans la Cité du Bollwerk en 2007. « J’ai rencontré ma femme en Italie, dans la région du Frioul, de laquelle je suis originaire. Elle avait envie de se rapprocher de sa famille. Je l’ai suivie, se souvient-il. A l’époque, je travaillais dans une pizzeria à la coupe. Je me suis dit qu’il fallait tenter le coup en France ». Andrea Bon est passé par plusieurs métiers : technicien informatique dans une entreprise, il choisi de quitter ce poste pour « voir des gens ». Il part en Allemagne travailler chez un glacier. « Là-bas, j’ai su ce que c’était la restauration, glisse-t-il. Vous sortez de là, vous n’avez plus peur de rien». Il retourne ensuite au Frioul faire les saisons : l’été dans un bar en bord de mer, l’hiver dans un pub/discothèque. S’installer en Alsace était pour lui un véritable challenge. « Je devais m’intégrer alors que je ne parlais pas un mot de français.Ici, j’ai eu la chance de trouver un Italien qui faisait de la pizza. A force d’écouter mes collègues, j’ai appris le français».

Andreucci, son dernier bébé – crédit Mars Rouge

Le succès de l’Engel’s Coffee
Et puis l’envie de monter sa propre affaire est devenue de plus en plus forte. Le hasard des rencontres lui a permis de concrétiser l’Engel’s Coffee en 2012. « Au départ, j’étais tout seul en cuisine, se souvient Andrea Bon. Je proposais du café, du chocolat chaud et des glaces maison. J’adore faire les glaces! J’ai intégré petit à petit les paninis, piadinas et bruschettas. J’étais seul en cuisine ». L’Engel’s Coffee a élargi son offre depuis, avec, notamment une véritable carte pour le midi. « J’adore créer des assiettes. J’étais d’ailleurs le premier à proposer de la Burrata San Daniele». Et même si Andrea Bon ne peut résister à mettre la main à la pâte, il dispose désormais d’un chef. Le concept plaît aux Mulhousiens et le succès est rapidement au rendez-vous.

Andrea Bon a fait appel à une entreprise italienne de brand identity pour créer son Andreucci –  crédit Mars Rouge

 

Mamma Mozza en 2015
Andrea Bon se lance alors dans une nouvelle aventure, celle de Mamma Mozza. Cette épicerie fine italienne, également traiteur, ouvre ses portes en 2015. « C’est drôle, je prenais un ristretto avec Rach, une humoriste mulhousienne. Elle, elle prenait un capuccino. Nous cherchions un nom italien pour ce projet d’épicerie fine/traiteur. On tournait autour du nom Mamma Mia et puis Mamma Mozza est sorti », sourit-t-il. Aujourd’hui, Mamma Mozza et l’Engel’s Coffee sont indissociables. Andrea Bon y emploie 14 personnes. Lui, se plaît à dénicher des produits authentiques auprès des artisans italiens. « Je goûte, si cela me plaît, je le commande », glisse-t-il.

 

Andreucci, son dernier “bébé”
Son dernier “bébé” s’appelle Andreucci. Il est né le 29 juillet dernier. Pour ce projet, Andrea Bon est allé encore plus loin. Une enseigne pour proposer des pizzas à la coupe, à emporter, comme en Italie. Il achète le fond de commerce et investit 300 000 euros pour refaire son local à neuf. Il embauche six personnes pour faire tourner la maison. « Nous n’avons pour le moment, qu’une seule pâte, explique-t-il. Nous fabriquons la pinsa romana. La pâte est composée d’une farine de blé ancien de soja et de riz. Elle est très digeste». Andreucci, c’est aussi le souci du détail. « Nous proposons des desserts à tomber par terre. Ils viennent d’un artisan de San Vesuviano. Je travaille avec une cinquantaine de fournisseurs différents. C’est ce qui fait notre force aussi. Le fait de travailler en direct nous permet de conserver des prix corrects».

Pour la petite histoire…  »Andreucci », c’est le diminutif que lui donnait sa grand-mère – DR

 

Du brand identity à l’Italienne pour Andreucci
Andrea Bon a abordé ce projet avec un oeil neuf. Il a fait appel à une entreprise italienne de brand identity pour créer sa propre marque. « Je suis sorti de ma zone de confort. Je suis passé du bar, au restaurant à la création d’une marque, souligne-t-il. C’est une façon différente de s’organiser, de travailler». Andrea Bon s’est attaché à standardiser cette structure avec l’idée de « l’emmener ailleurs ». Pour la petite histoire, Andreucci est lié à la famille d’Andrea Bon. Le nom lui a d’ailleurs été soufflé par l’une de ses filles, Charlie. « C’est le diminutif que me donnait ma grand-mère, lorsqu’elle me voyait arriver dans sa cour, raconte l’entrepreneur. Le slogan, “c’est très bon”, est un jeu de mot avec mon nom de famille». Andreucci est amené à se développer. « J’aimerais en faire une franchise, mais je garde les pieds sur terre et j’attends de voir comment cela fonctionne ici, à Mulhouse».

Emilie Jafrate

Andreucci
17 rue de la Moselle à Mulhouse
03 89 58 22 52
andreucci.fr
Facebook : Andreucci


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Emilie Jafrate

Journaliste

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