5ème génération en vue pour les Confitures d’Alsace, Beyer

Philippe Beyer a reçu Le Périscope entre la période mirabelles (500.000 pots de confitures fabriqués en 3 semaines) et la courte saison des quetsches. Installée à Mulhouse, cette entreprise familiale a traversé le temps pour la même raison que la biscuiterie Albisser : le combat pour maintenir la qualité gustative du produit et la fidélité aux recettes “historiques” de la marque.

L’entreprise Beyer n’a pas vraiment de concurrents sur le Grand Est… à part la ménagère qui fait ses confitures elle-même : « Avec le temps, nous avons acquis un savoir-faire, construit une marque, nous avons l’accès au marché, et pour reproduire notre appareil productif il faudrait 4 millions d’euros ! Qui peut investir autant aujourd’hui ? », déclare Philippe Beyer qui pour autant ne considère pas que sa position est acquise :

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Philippe Beyer

« Notre marge par pot est passée de 3 à 1 centime par pot en 20 ans ! La raison ? Tous les postes importants de l’entreprise ont augmenté ces 20 dernières années : le prix des pots de confiture en verre, le coût du service qualité avec les normes, le prix de l’énergie, sans oublier le sucre dont la distribution est très concentrée. Et je ne parle pas des charges sociales : en 20 ans, une personne qui gagne 100 euros de plus génère 450 euros de charges salariales et patronales en plus ! ». Ce constat est issu des chiffres de son entreprise.

Confitures Beyer, la stratégie gagnante

Face à tous ces freins, Beyer a su résister, pour plusieurs raisons : tout d’abord, parce que la consommation de confiture se maintient, elle est de 2 kg par habitant et par an, et l’appellation “confiture” est réglementée. Ensuite, parce que Beyer ne fait pas de concessions sur la qualité, qu’il s’agisse des fruits ou du sucre.

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Des critères régissent tous les achats : mirabelles ou quetsches d’Alsace, cerises noires d’Allemagne ou d’Alsace, autres fruits du Sud de la France… Ensuite, parce que la confiture Beyer développe de nouveaux débouchés dans la grande distribution, sous marque distributeur (Patrimoine Gourmand ou Bio à Cora, Reflets de France à Carrefour, etc.).

« Nous avons la chance d’avoir accès à ce marché, et ce n’est pas terminé ». Sinon, Beyer distribue ses pots sous sa marque chez Carrefour, Leclerc, Cora, SuperU, Casino, Leclerc et Intermarché : soit à peu près toutes les grandes enseignes, et à 70% dans le Grand Est. Le jeune Anthony, qui fait ses études en alternance dans l’entreprise familiale, est à bonne école avec son père, qui conclut : « Aujourd’hui, il faut être non seulement un bon entrepreneur, mais aussi un excellent gestionnaire ! »

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Confitures Beyer en quelques chiffres:

• 3,2 millions de pots par an
• 5,6 millions de CA annuel
• 25 employés
• 1.500 tonnes de fruits mis en œuvre
• Vente : 66% de confitures, 33% de fruits au sirop, 1% de pulpe de fruits
• 90% des ventes à la grande distribution, 10% aux grossistes

Béatrice Fauroux

Contact : Beyer
19 rue de l’Ecluse à Pfastatt
03 89 52 22 33
Vente en ligne : www.beyer-fr.com

Immersion totale chez l’une des stars de l’agro-alimentaire alsacien: Poulaillon !

 


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Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

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