A la Chambre des Métiers, La question des déplacements passée au crible

L’un des principaux employeurs de l’E3 est aussi un site recevant un public nombreux. L’accessibilité est donc une question cruciale pour la Chambre de métiers (CMA) dont on connaît l’engagement en faveur d’axes routiers efficients et favorisant notamment le déplacement de ses ressortissants, les artisans. Au-delà de ces questions, une attention forte a été portée aux besoins des salariés et des visiteurs de la CMA. Visite.

Bernard Stalter
Bernard Stalter

L’implantation de la Chambre des métiers d’Alsace compte parmi les premières de l’E3 et son bâtiment sert de repère d’entrée nord de l’espace. Une bonne centaine de salariés y travaille et 7500 stagiaires et visiteurs transitent par le hall d’accueil du centre de formalités des entreprises. A ces chiffres, il faut ajouter la circulation des apprentis, les rendez-vous juridiques, etc. Par nature, une part non négligeable de ces personnes provient de l’agglomération strasbourgeoise, ce qui veut dire qu’une bonne part vient de plus loin. A défaut de plan de déplacement d’entreprise spécifique, la CMA a donc traité la question environnementale comme une priorité et mis en oeuvre une série de mesures incitatives et alternatives à l’usage du personnel. Ainsi, les agents sont encouragés à utiliser le train ou le co-voiturage pour passer d’un établissement de la CMA à l’autre (Colmar, Mulhouse et Schiltigheim). Pour faire passer le message, la chambre consulaire multiplie les notes écrites et les rappels lors de diverses réunions.

Plus de dématérialisation

Une information a été faite en interne sur l’existence et l’utilisation de Vialsace, (www. vialsace.eu), site d’informations relatives aux différents moyens de transports publics alsaciens (horaires, plans de lignes, tarification, calcul d’itinéraires, etc.). En dernier lieu et comme la loi le demande, la CMA prend en charge 50 % des frais d’abonnement des agents quand ils utilisent les transports en commun. Mais comme chacun sait, l’énergie la moins chère est celle qui n’est pas consommée. La question de la pertinence des réunions “physiques” a été posée, débouchant sur la mise en place du support technique nécessaire à l’organisation de réunions dématérialisées. Les études sont en cours, mais il demeure évident qu’avec sa couverture géographique – 5 sites du nord au sud de l’Alsace – les avantages seraient nombreux, en termes d’économie de temps, de frais de déplacement, de réactivité et naturellement d’éco-citoyenneté à recourir occasionnellement à des réunions dématérialisées. D’autant que les outils techniques sont actuellement à la hauteur des attentes des utilisateurs et que cette démarche prend en compte un facteur essentiel : en moyenne, une voiture reste arrêtée 95 % du temps…

Une question de performance

L’accessibilité de l’E3 demeure une autre question importante pour un organisme qui reçoit des visiteurs en provenance de toute la région. « Jusqu’à présent, passer de la gare à la CMA par les transports en commun prenait forcément plus d’une demi-heure. Avec le BHNS, le trajet est annoncé à 15 minutes, c’est-à-dire deux fois moins, voire mieux encore », constate-t-on dans l’instance, sans compter l’accroissement du confort et de la capacité des véhicules. « Ce progrès en termes de temps va nous permettre d’insister davantage sur le fait d’éviter d’avoir recours à la voiture lors des réunions décentralisées. Jusqu’à présent, de Schiltigheim vers les autres sites, on prenait la voiture jusqu’à la gare de Strasbourg, avec tous les problèmes de stationnement que cela engendrait. Des autres sites vers Schiltigheim, le train n’était pratiquement jamais la solution choisie, du fait du caractère aléatoire de la durée du déplacement entre la gare et la CMA. Aujourd’hui, tout peut être fait en transports en commun, avec une certitude quant aux horaires. C’est donc un progrès considérable ! », considère la CMA. Ceci sans compter avec les aménagements horaires et de trajets des lignes du Réseau 67 (lire par ailleurs), qui doivent rapprocher les usagers en provenance du Kochersberg de la nouvelle ligne de transports en commun de la CTS. Pour que l’ensemble de ces dispositifs soient performants, reste aux gestionnaires des lignes de transports en commun à s’entendre au mieux pour favoriser les interconnexions entre les réseaux. A la CMA, on s’affirme optimiste quant à la capacité en la matière du conseil général, pour le réseau 67. Cette même collectivité a entrepris par ailleurs la construction d’un BHNS entre Wasselonne et la gare de Strasbourg : à cette échéance, ce sont d’autres secteurs qui seront mis en relation avec l’E3 par des transports publics performants, confortables et cadencés. C’est une condition à la diminution des encombrements routiers.

Didier Bonnet


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Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

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