Ferme-Auberge de l’Entzenbach, la simplicité de la vie à la montagne

Ils ont conservé l’authenticité des débuts. Cécile Bajard et Bruno Leiser ont repris la ferme auberge familiale en juin dernier. Elle, gère la restauration, lui, la ferme. Le tout, dans une ambiance familiale et conviviale, au coeur d’un écrin de verdure.

Cécile Bajard et Bruno Leiser aux commandes

La Ferme-Auberge de l’Entzenbach est une affaire de famille. Une exploitation née en 1986, créée et gérée par les parents de Bruno Leiser. Une exploitation spécialisée dans la production de lait de vache et qui proposait également de quoi se restaurer. Seul aux commandes à partir de 1990, Bernard, le papa, stoppe alors le lait et l’auberge. Cécile et Bruno rejoignent la structure en 2003 avant d’en reprendre les commandes en juin dernier. « A notre arrivée, nous avons re-développé l’activité agricole », souligne Bruno. La ferme-auberge a retrouvé son activité laitière et s’est dotée de moutons et de chèvres. « Nous avons même un lapin en liberté, c’est notre mascotte mais lui, on ne le mangera pas », sourit Cécile.

Une vie en quasi totale autonomie

Le cheptel atteint aujourd’hui 80 moutons utilisés pour le défrichage et leur viande. « Nous la commercialisons beaucoup pour l’Aïd, les méchouis, les anniversaires, les mariages et au printemps nous en faisons du navarin », explique Cécile responsable du restaurant. La dizaine de chèvres de l’exploitation a également une fonction de défrichage et de production de lait. Leur siaskass au chèvre reste d’ailleurs leur best seller. Cécile et Bruno ont aussi fait de la vache vosgienne leur spécialité. Ils en ont aujourd’hui une trentaine, vaches et veaux confondus. Un troupeau que Bruno Leiser a été contraint de réduire à cause de la sécheresse. « C’est la seule race capable de valoriser tout ce qui se trouve en montagne et bien adaptée à cette vie-là de par ses pattes, notamment. A l’époque, elle était menacée. Sa viande est particulière. Son goût est prononcé et sa chair ferme. Nous la passons en fleishnackas, en steak ou encore en pot au feu. » Son lait sert à fabriquer le barkass et la tomme de montagne. Cette ferme-auberge vit en quasi totale autonomie. Le fourrage vient de ses 20 hectares d’exploitation en plaine.

Rendez-vous manqué avec les cochonnailles

Leurs clients arrivent jusqu’ici par envie, besoin de grand air et la simplicité des lieux. Cette saison, forcément, est très particulière pour la famille d’exploitants. Assaillis par les visiteurs à la sortie du premier confinement, la Ferme Auberge de l’Entzenbach a loupé le coche des cochonnailles, suite aux restrictions prises en raison de la pandémie. Un événement qui représente chaque année un tiers de son chiffre d’affaires… « C’est une fête de groupe. A l’époque, nous faisions 60 cochonnailles en même temps ! », lâche Bruno. Il y a quelques années, la maison produisait d’ailleurs elle-même ses propres porcs. « Aujourd’hui, nous nous approvisionnons à la Ferme des Trois Prés à Berrwiller. Recommencer l’élevage est en suspens. Avec ce Covid, que deviennent-ils si nous ne pouvons pas les transformer ensuite? C’est dommage, ils recyclaient tous les restes de l’auberge. » Le premier dispositif sanitaire a réduit le nombre de couverts qui atteint en temps normal les 30/35 personnes.

Sortir de la sur-consommation

« Vivre autrement que dans la sur-consommation », c’est ce que s’attache à inculquer le couple à leurs quatre enfants. « Bruno a grandit ici. Moi, je me suis fait aspirer, sourit Cécile. Je me suis formée sur le tard. Je suis assistante sociale de métier et je me suis laissée tenter par la reprise. Mon objectif, en me consacrant à la ferme- auberge, était de montrer à nos enfants que l’on peut vivre autrement, au cœur de la nature.» Bernard est toujours présent, lui aussi, au sein de l’exploitation. Il produit du miel grâce à une dizaine de ruches ainsi que le fromage proposé également à la coupe.

Des projets et des envies

Et les confinements successifs n’ont pas marqué l’arrêt de l’exploitation, bien au contraire. Les envies et les projets sont nombreux. «J’ai profité de notre fermeture pour faire l’enrochement de la terrasse et décaisser derrière la maison. Nous allons y installer un accès aux commodités handicapées. » Cécile, elle, compte proposer des cours de réflexologie au cœur de son écrin de verdure ainsi qu’un atelier plantes médicinales et sauvages « autour de la maison », histoire de mettre les lieux plus en valeur encore.

Emilie Jafrate

Ferme-Auberge de l’Entzenbach
03 89 82 45 49
www.fermeaubergealsace.fr
Facebook: Ferme-Auberge de l’Entzenbach
Fermé en janvier
Jour de repos le mercredi
Ouvert midi et soir sur réservation


Informations sur l'auteur :

Emilie Jafrate

Journaliste

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