Epicéa, l’insertion par l’entretien et l’aménagement des espaces extérieurs

Créé par les élus du Pays Thur Doller en 2001 face à la flambée du chômage sur leur territoire, Epicéa est un chantier d’insertion par l’aménagement et l’entretien des espaces verts.

Sept permanents et une trentaine de salariés en insertion
Ils sont aujourd’hui sept permanents et une trentaine de salariés en insertion – au plus fort de la saison – à travailler au sein d’Epicéa. Une structure née en 2001 suite à la flambée du chômage sur ce territoire du Pays Thur Doller. Un territoire qui enregistrait une croissance de 6 à 10% de chômeurs entre 1995 et 2000. A ses débuts, Epicéa comptait une salariée encadrante embauchée pour six salariés en insertion. « Les forces vives de notre entreprise sont des personnes fragilisées par le système, souligne Isabelle Foulon, directrice du chantier d’insertion depuis 2012. 100% de nos salariés habitent dans le secteur du Pays Thur Doller. L’évolution de nos salariés est importante. Pour beaucoup d’entre eux, arriver à l’heure est déjà une réussite. Nous attendons des progrès sur le respect, la politesse, le comportement, la ponctualité

Une activité étalée sur l’année
L’aménagement et l’entretien des espaces verts constitue le support d’insertion premier d’Epicéa. Il y a quatre ans, l’activité s’est développée. Elle intègre désormais les supports noirs que sont les quais de gare de Colmar, Kruth et Mulhouse, ainsi que les vignes d’hiver et la descente de bois. « Cela nous permet de lisser l’activité en hiver, de mi-novembre à fin février. Le CFPPA de Rouffach (centre de formation professionnel agricole) forme nos salariés, aux côtés des viticulteurs du Pays de Colmar pour l’activité de descente de bois », explique François Hubert, Président du chantier d’insertion depuis juin 2014.

59% d’insertion positive
Les communes, les intercommunalités, les associations, les entreprises et la SNCF représentent leurs principaux clients. « Nous parlons peu chiffre d’affaires. Notre vrai critère de réussite, c’est l’insertion, souligne Isabelle Foulon. L’objectif fixé sur le territoire national est de 55%. Ces trois dernières années, nous atteignons les 59%. » Principal frein à l’insertion: la mobilité, pour les femmes en particulier. Parmi les dispositifs mis en place par Epicéa, une enveloppe pour aider les salariés à passer leur permis. « Quatre de nos salariés ont obtenu leur code et cela fait également partie des belles réussites. Il ne faut pas oublier que le code est un examen intellectuel qui renvoie à l’école et bien souvent, à l’échec scolaire», rappelle Isabelle Foulon. Un budget de 120€ est également allé à chaque salarié pour l’accès à la culture et aux loisirs.

Un projet de déménagement pour 2021
Avec la crise sanitaire actuelle et le confinement, les salariés d’Epicéa ont également travaillé sur la culture d’entreprise. Le contexte a en effet rendu le suivi des salariés plus compliqué. « Nous avons modifié nos manières de communiquer en boostant le numérique. Pour moi, cela fait partie des réussites», explique Isabelle Foulon. Epicéa nourrit un important projet pour 2021. Celui de quitter l’Embarcadère pour un endroit plus accessible. L’entreprise d’insertion aimerait également enrichir ses métiers avec une activité plus féminine.

Emilie Jafrate

Epicéa
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