AMAC, 25 ans de services

L’association spécialisée dans l’insertion de personnes en chômage de longue durée connaît des difficultés liées à la conjoncture, dans une agglomération où la demande en services ne suffit plus à occuper les demandeurs d’emploi toujours plus nombreux. Mais elle tire son épingle du jeu grâce à une stratégie de développement et une recherche de qualité humaine à tous les niveaux.

Le périscope, journal économique alsace - Amac
David Malas

De l’entretien de jardins et d’espaces verts au ménage, en passant par le petit bricolage, le débarras de greniers et même d’appartements très sales : les employés de l’association d’insertion AMAC effectuent toutes sortes de travaux à faible qualification, soit pour les particuliers (18,30 euros de l’heure), soit pour les entreprises (19,30 euros de l’heure). « Ces tarifs se situent dans la moyenne du monde de l’insertion, où les structures peuvent avoir des modèles économiques très différents », explique David Malas, en charge du développement de deux structures : l’AMAC et Papivore.

L’auto-entrepreneur n’est plus un concurrent

Ce qui caractérise le service AMAC, c’est sa simplicité : l’entreprise commande une prestation, et reçoit une facture. Le salarié peut travailler jusqu’à 480 heures de travail chez elle, sans qu’elle soit obligée de le recruter. Une demande peut être satisfaite dans la demi journée. Parmi la clientèle entreprises, les autoentrepreneurs font appel à l’AMAC pour avoir de l’aide dans leurs travaux. « Au début nous avons craint cette concurrence, aujourd’hui ils sont plutôt devenus nos clients, parce qu’ils ne peuvent embaucher et ont trouvé chez nous une formule modulable selon leurs chantiers ». La clientèle entreprise commande en majorité des heures de ménage et l’entretien des espaces verts. AMAC travaille aussi, entre autres, pour la Ville de Mulhouse. En 2012, une trentaine de femmes ont effectué 6.203 heures de ménage dans les écoles maternelles et primaires de la ville.

Une réalité sociale difficile

Chez Amac, on accueille les personnes avec tout leur vécu : « On ne leur demande pas de numéro, on les considère d’abord comme des personnes, qui doivent reconstruire un lien avec le monde du travail. Et pour cela, on les aide à lever tous les freins qui les empêchaient d’avancer ». Créer une ambiance de travail, former les personnes si nécessaire, les accompagner sur le chantier tout en se préoccupant de la satisfaction des clients : ce métier est complexe. « Nous faisons face à une grande pauvreté à Mulhouse, et tâchons, comme beaucoup d’acteurs locaux, de contribuer à améliorer la qualité de vie du maximum de personnes, qui retrouvent une dignité par le travail », conclut David Malas.

Béatrice Fauroux

carre-jaune-okContact : AMAC, Association Mulhousienne d’Aide aux Chômeurs, 60 boulevard Roosevelt à Mulhouse
03 89 60 05 60 – www.amac.fr

Chiffres de l’AMAC • En 2012, L’AMAC a donné du travail à 201 personnes pour volume d’heures de presque 40.000 heures commandées par 300 donneurs d’ordre.
• L’association compte 5 salariés permanents.
• Parmi les personnes mises à disposition, 59 personnes ont trouvé un emploi ou une formation qualifiante en 2012.
• Depuis sa création, plus de 1.500 personnes ont retrouvé un emploi durable en passant par l’AMAC.

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Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

Catégorie associée :

Economie Sociale et Solidaire

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