Bilan mitigé pour la première année de l’opération Jeudi oui

Le 13 juin dernier, Frédéric Marquet, Manager du commerce de la ville de Mulhouse, a fait le point un an après le lancement de l’opération Jeudi oui. En présence d’une trentaine de commerçants et restaurateurs, il a présenté un bilan mitigé et évoqué avec eux les suites possibles.

Les Jeudis oui, qu’est-ce que c’est ?

Pour rappel, il s’agit d’une opération à l’initiative de la ville de Mulhouse et des commerçants du centre-ville. Chaque premier jeudi du mois, plus de 240 boutiques sont ouvertes jusque 20h (au lieu de 18h30 ou 19h) et proposent des offres et réductions. Pour chaque achat réalisé entre 18h et 20h, un jeton est offert au client. Ce jeton lui permet d’avoir l’apéritif offert jusqu’à 21h chez l’un des quarante cafetiers et restaurateurs participant à l’événement.

Une meilleure image pour le centre-ville

Au total, l’opération s’est déroulée sur treize jeudis. « Cette initiative a apporté un nouvel éclairage sur le centre-ville », affirme Frédéric Marquet. « Une image dynamique et positive a été véhiculée. Plus de 10.000 jetons ont été distribués. L’effet a été bénéfique pour les cafetiers et restaurateurs ». L’opérateur Orange a réalisé une étude sur les deux jeudis d’avril et mai et a remarqué une hausse de la fréquentation des boutiques de 5.000 personnes sur le jeudi d’avril et de 2.000 personnes sur celui de mai par rapport à des jeudis classiques sur la même période. « On voit qu’il y a un pic à 19h, les gens arrivent seulement en ville pour faire leur shopping. Cela montre un intérêt pour l’opération. Le centre-ville se vide moins vite, les acheteurs s’attardent pour boire un verre ». Frédéric Marquet voit dans les Jeudis oui l’occasion de renforcer les liens avec les clients. « De nombreux commerçants y trouvent de l’intérêt et de la rentabilité ».

 

Frédéric Marquet, Manager du commerce

 

Un manque de motivation chez les commerçants ?

Le manager du commerce s’avoue cependant déçu : « Certes, la météo et les périodes de vacances ont joué sur la fréquentation, mais il y a eu un certain manque d’investissement chez des commerçants qui n’ont pas toujours bien relayé l’opération. Et 10% des commerçants ayant indiqué vouloir fermer à 20h ont finalement baissé les rideaux à l’heure habituelle ». Une enquête a été réalisée auprès des Mulhousiens et des remarques sont récurrentes : pas assez de dynamisme global ni d’ambiance particulière, pas toujours un très bon accueil et trop de magasins qui ne participent pas à l’opération. Pour Frédéric Marquet, cette opération a eu de l’effet, mais pas suffisamment. « Nous avons fait de la communication, c’est encore insuffisant. Les gens ont souvent raté le coche du premier jeudi du mois ». Sans oublier le contexte économique tendu.

Et la suite ?

Plusieurs commerçants souhaitent continuer l’opération, estimant qu’une année est un délai trop court pour faire entrer ces rendez-vous mensuels dans les habitudes des Mulhousiens. D’autres, au contraire, estiment qu’ils font beaucoup d’efforts pour peu de retombées positives. Différentes pistes ont été évoquées sur la manière de continuer l’opération : l’étaler sur les quatre premiers jeudis de septembre ? Faire deux Jeudis oui par an durant les soldes avec des nocturnes jusque 22h et des animations dans la ville ? Ou encore ouvrir jusque 20h tous les jeudis en juillet et en août ?

Par ailleurs, il été proposé d’harmoniser les horaires de fermeture de toutes les boutiques à 19h toute l’année. Un sondage a d’ailleurs révélé que c’est un souhait des Mulhousiens. Ces derniers affirment à 44% ne pas avoir le temps d’aller en ville après le travail, les commerces fermant trop tôt.

Les commerçants décideront très prochainement de la prolongation ou non de l’opération via un sondage en ligne jusqu’au 19 juin (https://www.survio.com/survey/d/U5J3Q2R5S9H9X7S3Z). Côté clients, une enquête a révélé que 72% d’entre eux souhaitent continuer à profiter des Jeudis oui. A suivre…

Magali Santulli


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