Le Pôle Textile Alsace sort plus fort de la crise

Le Pôle Textile Alsace a tenu son Assemblée Générale le vendredi 25 juin. L’occasion de tirer le bilan de l’année écoulée et des projets à venir.

Se connaître, travailler ensemble… Les événements qui ont jalonné cette année 2020 on démontré l’importance du partage et du réseau. Une philosophie adoptée depuis plusieurs années déjà par le Pôle Textile Alsace. Un Pôle qui compte de nouveaux membres depuis juin 2020. De 56, ils sont désormais 72 adhérents, dont 30% en dehors du territoire alsacien. « Le réseau est aujourd’hui la clé pour mener notre ré-industrialisation, souligne son président, Benoît Basier. Et nous constatons une véritable prise de conscience. Du petit confectionneur à la grosse industrie, nous sommes ouverts à toute personne ayant un intérêt pour le textile. »

« Aider l’économie régionale à se relancer en donnant les moyens de se protéger »
Preuve de cette synergie, la mobilisation des entreprises du Pôle dans la confection de masques en 2020. Douze entreprises ont fonctionné en totale autonomie. Une première commande de 30 000 pièces a été honorée en une semaine, de la validation du prototype avec les tests qui en découlent jusqu’au produit fini. Au total, 1 million 400 000 masques ont ainsi été réalisés en deux mois. 40 autres entreprises se sont également engagées dans l’aventure avec la mobilisation de 450 salariés entre fin mars et mi-mai 2020. Elles ont su mutualiser leurs moyens, adapter leurs ateliers, aussi, afin de mener à bien cette production. « Notre démarche n’était pas de devenir producteurs de masques mais d’aider l’économie régionale à se relancer en donnant les moyens de se protéger. »

Un partenariat tissé avec les universités et les laboratoires
Deux effets ont découlé de ces actions: les entreprises ont appris à se connaître mieux encore et leurs produits ont permis de faire redémarrer le territoire. « Il ne faut pas oublier que 40 entreprises ont pu ainsi éviter le chômage partiel et les dépenses qui en découlent pour l’Etat », souligne Benoît Basier. Un moment qui a également démontré l’importance des outils dont dispose le territoire. « Nous nous sommes battus pour conserver ces compétences et faire rouvrir les laboratoires de tests, se souvient d’ailleurs le président. Notre coopération avec l’Université de Haute Alsace et Cetelor (Centre d’Essais Textile Lorrain) nous ont permis de mettre en place les protocoles de validation. Notre territoire a résonné au-delà de nos frontières. » Le Pôle Textile Alsace a ainsi réalisé près de 300 tests de matériaux différents. « C’était un exercice concret qui avait un sens et un vrai sens. Nous avons besoin de nos universités, de nos laboratoires mais surtout d’animations fortes. »

Une nouvelle vision stratégique
Fort de cette expérience, le Pôle Alsace Textile a rédigé une nouvelle feuille de route et réécris sa vision stratégique, en cohérence avec les deux autres pôles textiles du Grand Est que sont l’Union des Industries Textiles de Troyes et le Syndicat Textile de l’Est. Leur fil rouge est l’accompagnement des entreprises du territoire dans la transition énergétique par la croissance verte. « Si l’industrie textile est l’industrie la plus polluante du monde, là où nous émettons 1 gramme de carbone, l’Allemagne en émet 8 et la Pologne 80. Nous disposons déjà d’une avance mais il faut aller plus loin en travaillant les matières premières pour aller vers le bio-sourcé, pour rendre nos produits réversibles et penser leur recyclage. » Les starts-up Alsatex et Paradox installes sur le Campus Textile de Mulhouse sont les fers de lance de cette préoccupation. L’autre défi est celui du numérique. Un défi dans lequel s’inscrit la Marketplace-Textile lancée tout récemment.

Une Marketplace-Textile lancée en mars 2021
La Marketplace-Textile est un nouvel outil destiné aux membres du réseau. « Il coïncide avec l’augmentation du nombre de nos membres, souligne Benoît Basier. La table s’agrandit et nous ne nous connaissons pas tous. Une machine en panne, par exemple, et nous pouvons trouver une solution pour continuer à produire malgré tout, par le biais d’un de nos membres. Autre exemple, le stock coûte cher… Et peut-être qu’il peut servir à une entreprise en recherche d’un textile en particulier. Chacun vient avec sa problématique mais sans arrière-pensée et peut-être que quelqu’un d’autre peut lui apporter la solution. » Et les exemples sont déjà nombreux. « L’un de nos membres a besoin d’un savoir-faire bien précis pour redémarrer ses machines. Et bien, l’un des collaborateurs du réseau lui met à disposition une personne chaque mois. Un autre cherchait un polyester non tissé précis pour tenter une expérimentation. Il a gagné trois mois grâce à notre réseau. » Sur cette Marketplace-Textile sont également relayés les appels d’offres publiques. Autant d’outils au service de l’ensemble de la filière textile.

Emilie Jafrate


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Emilie Jafrate

Journaliste

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