Édition : Mulhouse/Sud-Alsace - 21 octobre 2026

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Sébastien Bernand, peindre pour ne pas sombrer

En 2010, la vie de Sébastien Bernand bascule. Rescapé d’une explosion survenue dans l’entreprise où il travaillait, il trouve dans la peinture un refuge, puis un moyen de transformer ses blessures. Depuis, ses toiles racontent la résilience, la dualité et cette lumière qui subsiste même au cœur du noir.

2010 marque un avant et un après. Sébastien Bernand survit à une explosion dont est victime l’entreprise dans laquelle il travaille alors. Un épisode qui le marquera profondément. « Je souffrais d’un stress post-traumatique sévère. Un beau jour, je me suis mis à la peinture. C’est devenu le seul moment qui me permettait d’entrer dans une bulle, de ne penser à rien. L’art m’a sauvé. » Depuis, la dualité est devenue le fil conducteur de son travail. « Entre le noir et le blanc se trouve l’espoir. Mes peintures sont une façon de montrer que la résilience permet de ne pas sombrer. Dans la vie, il faut s’accrocher. » Et savoir être bien entouré. Son fils occupe une place essentielle dans sa vie personnelle comme dans son parcours artistique. Il est aussi celui qui a toujours su le raccrocher à la vie, à côte de cet art qui lui sert d’exutoire.

Donner une forme aux blessures
Sébastien Bernand ne calcule rien. Tout commence par une toile blanche, sur laquelle il laisse ensuite parler ses démons intérieurs. « Nous avons tous une croix à porter. Mes tableaux, lorsqu’ils sont exposés, appartiennent au regard des autres, avec d’autres démons à l’intérieur d’eux. » Il en est convaincu : les personnes qui semblent parfois les plus solides sont aussi celles qui enfouissent les blessures les plus profondes. Certaines de ses œuvres rendent également hommage aux femmes. Guerrière célèbre « ces femmes qui se battent ». « Je ne suis pas féministe, mais la femme reste bien plus puissante que l’homme sur cette Terre. » Madre Mia, elle, est une ode à la mère, celle qui se bat pour ses enfants. Principalement abstraites à ses débuts, ses œuvres sont devenues progressivement plus explicites. Comme si, au fil des années, Sébastien Bernand avait appris à donner un visage, une forme et une couleur à ce qu’il portait en lui. Peindre ne lui permet pas d’effacer les blessures. Mais cela lui offre la possibilité de les transformer, et peut-être surtout, de rappeler qu’entre l’ombre et la lumière subsiste toujours une place pour l’espoir.

Emilie Jafrate

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sebastienbernand68@gmail.com