Il a grandi au milieu des ateliers, des expositions et des salons de son père, Renato Montanaro. Louis a été biberonné à l’art, sans pour autant imaginer en faire immédiatement son métier. D’abord attiré par une carrière de vétérinaire, il entame des études de biologie avant de changer de voie. « Je me suis rendu compte que je n’étais pas prêt à investir autant de temps, d’énergie et d’efforts pour ce métier-là. » Pour l’art, en revanche, la question ne s’est jamais posée.
La bascule intervient en 2015. Si la peinture a toujours fait partie de son quotidien, Louis se tourne alors vers la sculpture. Sous le nom d’artiste Falcone, il développe rapidement un univers très personnel : des formes élancées, découpées, en mouvement, à l’opposé d’une sculpture classique, massive ou figée. Son travail puise largement dans le monde du vivant, qu’il s’agisse du corps humain ou du règne animal. « Ma pièce phare reste le Fuck, rigole-t-il. Mais il y a aussi le piment, que l’on retrouve dans plusieurs de mes œuvres. » Une référence directe à ses origines du sud de l’Italie, où le piment est considéré comme un porte-bonheur.

Faire entrer la nature sauvage dans la ville
Avec sa série Urban Nature, Falcone revient pleinement à l’univers animal. Au lieu de le soigner, il le sculpte, au croisement de l’art urbain et du vivant. Une démarche née de ce qu’il observe autour de lui. « De plus en plus d’animaux sauvages arrivent jusqu’en centre-ville. Mon atelier est installé au centre de Mulhouse et il n’est pas rare que je croise un renard, un lapin ou des hérons le long du canal… » À travers cette série, l’artiste cherche à interpeller sur la transformation de notre environnement et sur la manière dont les espèces, humaines comme animales, doivent désormais s’y adapter. Il imagine notamment des œuvres de grande taille, pensées pour prendre place directement dans l’espace urbain. Falcone aime aussi le rapport physique à la matière. Après avoir commencé avec la terre, il adopte rapidement le polystyrène, qu’il taille d’abord à la tronçonneuse, puis au cutter. Viennent ensuite la résine, le ponçage et enfin le laquage, pour obtenir cette finition lisse et précise qui caractérise son travail. Ce qu’il cherche avant tout lorsqu’il crée, c’est provoquer une émotion. Mais derrière l’esthétique se cache aussi une volonté plus profonde : celle de témoigner de son époque. À travers ses sculptures, Falcone ne cherche donc pas seulement à représenter le vivant. Il tente d’en saisir les transformations, les tensions et les fragilités. Une manière, peut-être, de laisser derrière lui une trace de notre monde avant que celui-ci ne change encore.
Emilie Jafrate
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