Quatre générations, une même exigence : celle de sublimer la matière et de transmettre un métier où chaque geste compte
L’histoire débute après la Seconde Guerre mondiale. Léon Zamolo revient en Alsace pour participer à la reconstruction. Dans les années 70, son fils Claude prend le relais. « À l’époque, les échafaudages étaient en bois et tout se faisait manuellement », raconte Pierre. En 1983, il rejoint à son tour l’aventure familiale comme apprenti. En 1989, il structure l’activité en SARL sous le nom Zamolo Claude et Fils. Il y apporte une première modernisation avec l’arrivée d’une machine à crépir et d’échafaudages métalliques. Depuis septembre 2021, son fils Enzo travaille à ses côtés, perpétuant la tradition familiale.
Un métier qui ne s’enseigne pas, mais qui se transmet
« Enzo était comme moi enfant : si mon père ne m’emmenait pas sur les chantiers, je pleurais », sourit Pierre. Le crépissage ne s’apprend pas à l’école, il se vit, se pratique, se transmet. Pierre fut d’ailleurs le dernier de la région à obtenir son brevet de compagnon en crépissage avant la disparition de la formation. « Nous sommes des artisans, nous façonnons de nos mains, et cela a une vraie valeur », souligne Enzo. Titulaire d’un BEP technique de l’architecture et de l’habitat, puis un Bac Pro étude et économie de la construction, cette double compétence lui permet de dialoguer avec l’ensemble des corps de métier et d’appréhender chaque chantier dans sa globalité.
Une signature reconnue sur les façades haut-rhinoises
Sur le terrain, Pierre et Enzo travaillent en équipe avec leurs quatre collaborateurs. Leur activité se compose à 90 % de rénovation, principalement en Centre Alsace et dans le Haut-Rhin, notamment le long de la route des Vins. Certains chantiers les ont même menés jusqu’en Haute-Savoie, sur les rives du lac Léman. À Sélestat, leur empreinte est partout. « Je reconnais immédiatement la touche de mon grand-père », confie Pierre. À une époque où la main-d’œuvre primait sur les matériaux, certaines façades témoignent encore de ce savoir-faire, avec des détails uniques comme des grappes de raisin sculptées.
Exigence, précision et respect du métier
Réputée pour la qualité de ses réalisations, l’entreprise n’hésite pas à relever des défis techniques, notamment sur des bâtiments classés. Chaque intervention demande rigueur et expertise pour respecter l’histoire des lieux. L’exigence se retrouve aussi dans les conditions de travail : en période de forte chaleur, les équipes adaptent leurs horaires pour préserver à la fois les hommes et les matériaux. « Nos clients disent souvent que lorsque Zamolo part, c’est plus propre qu’à son arrivée », sourit Enzo.
Préserver et faire évoluer un savoir-faire
Représentant de la quatrième génération, Enzo mesure les enjeux actuels, notamment environnementaux. La gestion de l’eau et des déchets devient une priorité dans un métier qui en consomme beaucoup. Mais au-delà des techniques, il porte une conviction forte : « Nos métiers sont magnifiques et doivent être valorisés. » Une volonté de défendre l’artisanat, tout en le faisant évoluer avec son temps. Entre héritage et modernité, Pierre et Enzo Zamolo continuent de bâtir bien plus que des façades : une histoire familiale inscrite dans la matière et dans le temps.
Emilie Jafrate
Zamolo Claude et Fils
15, rue de la Forêt – 67600 Sélestat
06 63 18 62 17
zamolo-claude-fils.fr