Les réseaux sociaux, ça sert à quoi?

Vaste sujet ! Grâce à trois points de vue de professionnels, nous tâchons d’expliquer ce qu’est le réseau social sur le web, à quoi ça sert et comment certaines entreprises l’utilisent. Au cœur du sujet : la nécessaire pertinence des contenus.

 

Réseaux sociaux : un monde qui bouge

Lors de conférences, dont une “Thématic” à Mulhouse, Jean-Georges Perrin, dirigeant de GreenIvory,  a pu exposer le sens et l’intérêt des réseaux sociaux. Il a prolongé ces conférences par un entretien avec Le Périscope, de retour du salon “Web 2.0 Expo” de San Francisco.

 

Affluence lors de la conférence Thèmatic sur les réseaux sociaux au Technopole le 26 mars dernier.

 

Le web 2.0 est en train de bouleverser le net : une vraie révolution est en marche. “Le message d’un émetteur vers un public, c’est terminé. Avec les réseaux sociaux, tout le monde communique avec tout le monde, on crée des dizaines de “Stammtisch” à travers le monde…” . Le web 2.0 a permis les Youtube, Dailymotion et autres sites de partage d’informations sur le net de prospérer. Les dizaines de réseaux sociaux en train d’émerger prolongent le principe, en faisant en sorte grâce à un “mur” commun que des personnes communiquent ensemble. “La première application pour les entreprises, c’est le travail collaboratif, soit échanger à plusieurs sur un travail en cours, au lieu de se passer des fichiers par e-mail sans être sûr d’avoir le bon ! La seconde application est de créer une communauté autour d’un produit et d’un service, avec des salariés de l’entreprise, mais aussi les partenaires, fournisseurs et clients concernés” .

Fin de la pensée pyramidale

L’interactivité modifie la conception même du travail. Son caractère transversal ignore les hiérarchies des sites web ou de l’entreprise, car c’est la spécialité sur un sujet qui réunit des personnes. “Les relations classiques sont bouleversées, le client devient co-concepteur d’un produit, l’externe rejoint l’interne, et tout le monde travaille dans le même sens” . Anti-cloisonnement, le réseau capte des idées de partout, pour un objectif commun. Distiller ses informations sans écouter les autres (le “one to all”), c’est bientôt fini.

 

Les dernières tendances

Le caractère participatif se double dans les dernières tendances par le “real time” : on n’arrête jamais d’être en réseau… et il n’est pas exclu qu’un “avatar” de l’entreprise continue un jour à tisser des liens sur Facebook pendant qu’on dort ! Plus sérieusement, on a constaté la multiplication des réseaux “verticaux” hyper-spécialisés. “Aujourd’hui on va sur le net pour échanger sur des sujets bien précis. Et toutes les entreprises devraient intégrer ce paramètre dans leur communication” . D’où l’apparition à San Francisco d’agences de communication qui proposent à la fois les supports de communication classiques et celles du web, pour les coordonner entre elles et les rendre plus efficaces.

GreenIvory est une société spécialisée dans le traitement de l’information et sa mise en valeur sur Internet.

GreenIvory : Jean-Georges Perrin – Tél. 09 50 53 10 34
www.greenivory.fr

Pour les anglicistes, retrouver les infos du salon “ Web 2.0 Expo” de San Francisco sur http://www.web2expo.com/webexsf 2009/


Boomerang Pharma : le réseau social pro

 

Christophe Hoffstetter, directeur général de Boomerang Pharma, explique en quoi les réseaux sont utiles aux entreprises et donne des exemples d’utilisation.

 

Société de conseil en marketing pharmaceutique franco-américaine créée en 1997, Boomerang Pharma possède une culture anglo-saxonne, dans un secteur : la santé, où les interlocuteurs, malades ou médecins, sont très dispersés. Les ingrédients sont donc tous là pour que Boomerang se soit très tôt intéressée à l’utilisation des réseaux sociaux sur son secteur.

Christophe Hoffstetter

“Le réseau social rapproche les gens par une idée commune, une passion ou un problème qui les touche. Ici il s’agira d’une maladie qui concerne de nombreuses personnes, des malades et leur entourage à travers le monde. Un réseau constitué sur un thème aussi pointu est très intéressé par les informations nouvelles qui contribuent à améliorer la connaissance du sujet, voire à changer la vie des malades”. À l’entreprise pharmaceutique de prendre l’initiative d’entrer dans le réseau, et de proposer des informations qui intéressent les internautes. Attention, il ne s’agit pas de diffuser de la pub, mais des contenus utiles aux personnes du réseau” , insiste C. Hoffstetter. Pour cela, il faut veiller sur son secteur et détecter les réseaux existants. Cela permet aussi de repérer les “influenceurs”, ceux qui animent un réseau : souvent on leur proposera d’entrer en contact pour collaborer.
Autre possibilité, le marketing viral : on diffuse un film pédagogique sur son produit ou son service sur Youtube ou Dailymotion  et on laisse les internautes le propager.
Autre idée, qui va plus loin : créer un blog-ressources sur sa thématique professionnelle.

La prime au créateur d’une nouvelle communauté

“Nous travaillons pour une société de formation continue à destination des médecins. Nous avons créé pour cette société voici deux ans un blog de médecins qui fait aujourd’hui référence (*). Un comité éditorial organise les contenus et les interventions sont de qualité” . Un centre de ressources autour de sa spécialité est un bon moyen pour attirer le public-cible. Mais encore une fois, attention au contenu, qui doit être informatif et non publicitaire.
“L’intérêt de ce type de réseau est bien sûr aussi d’avoir un retour immédiat sur ses produits ou services, des commentaires pertinents. C’est précieux pour la conception ou la mise au point de son offre” .
Et ça marchera d’autant mieux pour le premier sur son secteur car sur internet, la prime revient toujours au précurseur. Enfin, il faut faire connaître les réseaux dans la presse et dans d’autres cercles apparentés…
“Ce média ne fait que s’ajouter aux autres modes de communication. Mais ce qui est certain, c’est que le retour global (qualitatif et financier) est très supérieur à celui de la communication “traditionnelle” : publicité, visiteurs médicaux… Et aujourd’hui, on nous demande des modèles de retour sur investissement…” , conclut C. Hoffstetter.

(*) BlogFMC (Formation médicale continue)  : http://www.blogfmc.fr/
Christophe Hofstetter
Boomerang Pharma, Parc de la Mer Rouge
20 B rue de Chemnitz, Mulhouse – Tél. 03 89 33 10 52
www.boomerangpharma.com


Témoignage

Philippe Joubert, fan de réseaux sociaux

 

Le dirigeant de Trois Cafés utilise plusieurs réseaux sociaux au quotidien depuis déjà… quatre ans. Naturellement homme de réseaux, il a poussé leur fréquentation à un degré qui paraît parfois excessif, mais avec des retours personnels et professionnels étonnants.
“Déjà il y a plus de 3 ans, je me suis inscrit sur Facebook, nous étions alors une petite dizaine sur Mulhouse à fréquenter ce réseau ! Depuis, je communique sur plusieurs autres, comme Viadeo, Linkedin qui pour moi supplantera Viadeo, Flickr (partage de photos), sans oublier Twitter qui agrège et complète l’ensemble (voir encadré)” .
A voir la quantité d’informations émises par Philippe Joubert sur sa vie professionnelle et privée, du restaurant d’où il sort à une photo qui lui a plu, en passant par le dernier film que sa société a tourné pour ses clients et une musique qu’il a envie de partager, Philippe Joubert est partout, tous les jours. Aujourd’hui il estime brasser de l’information avec plus de 1.200 personnes, du cercle étroit (la famille, les amis proches) à des personnes bien plus éloignées de son cercle réel. Le temps passé  ? “Environ une heure par jour… soit environ 60 fois 1 minute ! ” Devant l’ordinateur, envoi d’une photo, et hop, puis, après un rdv, message via son iPhone, ça a pris 30 secondes ! De tout petits ruisseaux, qui finissent par faire de grandes rivières…

Les réseaux rapprochentles gens

“Grâce aux réseaux, je communique en direct avec des personnes dont il faudrait appeler la secrétaire dix fois pour entrer en contact avec elles. Le réseau ôte certains complexes, on y est plus à égalité que dans la vie réelle, car on communique un peu sur tout. Cela ne signifie pas qu’il faille y jeter n’importe quelle information. Je fais très attention à leur contenu, et même si je lance une vanne, et bien, j’assume. Je me montre tel que je suis et telle qu’est ma vie !”
La séparation entre vie privée et professionnelle perd son sens puisque Philipe choisit de publier une information sur Facebook, et l’envoie à trois autres réseaux en même temps. “Quelle que soit la nature de l’information, il y aura toujours quelqu’un, ne serait-ce qu’une personne sur dix, qui sera intéressée et qui réagira. J’ai été extrêmement surpris récemment par une relation avec laquelle j’ai eu des échanges à propos d’un artiste peintre et qui m’envoie chez un de ses amis qui a besoin d’un film d’entreprise ! ”
La transparence que Philippe Joubert affiche sur ses réseaux casse les barrières et crée la confiance. “Quand on est honnête dans ses relations et sincère dans les contenus qu’on diffuse, on inspire confiance. A partir de là, tout est possible : amitié, travail… les réseaux du web ne fonctionnent pas autrement que ceux de la vie réelle !  ”, conclut-il.

Twitter, c’est quoi ?

Twitter remporte un succès grandissant. Ce réseau social de type “ microblogging” permet de dire l’essentiel, soit de “gazouiller”  en 140 signes maximum. Les entreprises “twitteuses” à la pointe du web 2.0 communiquent gratuitement leurs informations aux personnes connectées à leur fil d’info. Exemples de messages courts : faire part d’un nouveau produit, d’une promotion, d’un déstockage ou d’un menu spécial. Encore un moyen supplémentaire de booster son activité.

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Trois Cafés : Philippe Joubert
Parc des Collines, Melpark2, Mulhouse – Tél. 03 89 56 17 79
p.joubert@troiscafes.fr – www.troiscafes.typepad.fr



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Informations sur l'auteur :

PORTRAIT BEA

Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

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Numérique

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