Le mécénat, une stratégie d’entreprise

  1. Fin mai, une centaine de mécènes alsaciens se sont réunis à Strasbourg à l’invitation de l’ADMICAL pour partager leur conviction sur le rôle et l’intérêt du mécénat. Le mécénat, n’est pas juste un levier fiscal, il s’inscrit dans une véritable stratégie d’entreprise et peut se déployer de trois manières : via un mécénat financier, en nature ou en transfert de compétences. Et ce dans des secteurs associatifs ou culturels très variés.
Mosaïque de Véronique Werner

La réunion a eu lieu dans le cadre de la 4e étape du Tour de France des mécènes, parrainée par le Groupe Wolfberger, et réalisée grâce à de nombreux partenaires : l’Agence d’attractivité de l’Alsace, le Labo des partenariats, l’UIMM, l’UCC Grand Est, Développement Strasbourg Sud, Idée Alsace, Le Club de la presse, la CPME67… et le TNS.

Le mécénat, une pratique ancrée dans la culture alsacienne
« Le mécénat est une tradition historique à Strasbourg » rappelait Alain Fontanel, 1er adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de l’Eurométropole en ouverture de la soirée. « Facteur de lien, il permet à deux mondes a priori éloignés de se rencontrer, comme c’est le cas entre le monde de l’entreprise et le monde du spectacle » comme le mentionnait Stanislas Nordey, directeur du Théâtre National de Strasbourg qui accueillait la manifestation.
La solidarité alsacienne et l’humanisme rhénan ont souvent été cités lors de cette soirée spéciale où plusieurs mécènes ont témoigné des raisons de leur engagement.

Partager des compétences, donner du temps
Pierre Marx, président du conseil d’administration de l’Intermarché de Reichshoffen et de la CPME Grand Est a choisi de s’engager en faisant bénéficier l’association Entreprendre pour Apprendre Grand-Est de ses compétences, en accompagnant une vingtaine de jeunes sur la voie de l’entrepreneuriat. Firoz Ladak, directeur des Fondations Edmond de Rothschild et grand mécène du TNS a lui aussi insisté sur l’importance de transmettre aux jeunes générations la fibre du don de soi grâce à son école de la philanthropie. Depuis l’usine de recyclage de jus de choucroute en énergie verte par Suez, devenue parcours pédagogique avec l’association ARIENA, au mécénat collectif des vignerons réunis dans la Fondation Wolfberger, les témoignages de partenariats innovants entre associations et entreprises ne manquent pas en Alsace.

Fresque murale de Véronique Werner.

25% des PME françaises… et 36% des entreprises alsaciennes
Contrairement aux idées reçues, le mécénat n’est pas réservé qu’aux grandes entreprises. Selon le baromètre 2016 du mécénat d’entreprise réalisé par Admical et CSA, 25% des PME françaises ont intégré cette pratique à leur stratégie d’entreprise. Et pour cause, elle présente de nombreux bénéfices : fidélisation des collaborateurs, expression des valeurs de l’entreprise, amélioration de l’image, ancrage sur le territoire, levier d’innovation.
Les entreprises alsaciennes font figure de bonnes élèves en termes de mécénat puisque 36% d’entre elles sont mécènes. C’est bien plus qu’à l’échelle nationale qui ne compte que 14% d’entreprises mécènes. Le contexte semble donc idéal pour poursuivre ce formidable élan. Le mécénat, c’est souvent une histoire de rencontres, de coups de cœur et d’un souhait de l’entrepreneur.

BF d’après communiqué

L’Admical se donne deux ans pour poursuivre son tour de France en 20 étapes, et convaincre les entreprises de développer leur soutien aux associations – et aux artistes.

Plus d’informations sur www.admical.org

Légende photo de couverture: Le mécénat peut consister à faire des commandes à des artistes locaux. Il s’agit ici d’un portail créé par l’artiste Yves Carrey.


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PORTRAIT BEA

Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

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