Intempor’Elles, à Landser la boutique de Cathy Bolli, dénicheuse de coups de coeur

Intempor’Elles est le secret du bonheur de Cathy Bolli. Un secret qu’elle a découvert en 2008, lorsqu’elle a ouvert les portes de sa boutique de seconde main à Landser. Quatorze ans déjà à dénicher des trésors pour sublimer ses clientes mais aussi partager leurs joies et leurs pleurs. Une boutique qui fait du bien au corps, à l’âme et à la planète.

Malgré ses trois arrivages quotidiens, le planning de rendez-vous de Cathy Bolli est complet un mois minimum à l’avance. Des vêtements triés, sélectionnés et scrupuleusements contrôlés. 50 à 80 pièces intègrent ainsi chaque jour les portants des lieux pour six semaines. « L’avantage de la boutique par rapport aux sites de revente que l’on connait est de pouvoir essayer, tester, toucher le vêtement », sourit la gérante. Ici, le vêtement suit la tendance actuelle et la saison. « J’accepte toutes les marques sauf les entrées de gamme. Je fonctionne en ‘’just in time’’. Les manches longues et fines, c’est pour février, les 3/4 arrivent en mars et les courtes à partir d’avril. »

Par conviction

Des volants d’auto-école, Cathy Bolli se lance dans l’aventure de la seconde main en 2008. « Cela me titillait depuis longtemps, se souvient elle en souriant. Lorsque l’opportunité s’est présentée, j’ai foncé tête baissée, sans aucune étude de marché. Enfin si, je l’ai faite en me baladant dans un marché aux puces, carnet à la main pour demander aux gens présents si une boutique de prêt-à-porter de seconde main les intéresserait. » Le vêtement d’occasion a toujours fait partie de sa vie, non pas par manque de moyens, mais par souci écologique.

Des tailles gourmandes

Ses déposantes n’hésitent pas à parcourir des kilomètres depuis Strasbourg. Son plus, ce sont les tailles gourmandes – 46 et plus – très prisées, mais qui restent difficiles à trouver. « Certaines financent leur nouvelle garde-robe par le fruit de leurs dépôts », sourit la gérante. Des anecdotes, Cathy Bolli en a à la pelle. « J’ai une cliente qui vient tous les jours, de peur de louper quelque chose, même si elle n’a besoin de rien. Une chose est sûre, il ne faut pas avoir une idée précise en tête, lorsqu’on rentre chez Intempor’Elles. Il faut juste se poser deux questions : est-ce que j’en ai besoin ? Est-ce que j’en ai envie ? » Si la première peut être négative, la seconde, en général, fait mouche. Les trentenaires constituent son cœur de clientèle, mais Cathy Bolli accueille également des femmes plus âgées qui poussent les portes de
sa boutique pour se moderniser.

Un endroit de partage, de convivialité et d’événements

La gérante s’est formée en conseil en image et colorimétrie. Bien plus qu’une boutique de prêt-à-porter de seconde main, la gérante a voulu faire de ce lieu un endroit de partage et de convivialité. « On m’a même demandé si je prenais la carte vitale ou si j’étais remboursée par la sécu au même titre que les anti-dépresseurs », s’amuse-t-elle. C’est dans cet état d’esprit que la gérante organise régulièrement des événements pour ses clientes. Elle dispose ainsi de deux grands défilés de mode à son actif, sans oublier ses nocturnes, des remakes de la célèbre émission ‘’Les Reines du Shopping’’, ou encore des anti Black Friday en reversant un pourcentage à une association. Fin 2020, elle a envoyé un arbre à souhait maison, en Islande. Tous les vœux de ses clientes sont ainsi stockés dans la tour ‘’Imagine Peace’’, un site créé par Yoko Ono en mémoire de John Lennon.

Une activiste de l’occasion

Cathy Bolli a su dépoussiérer l’image de la seconde main tout en devenant une véritable actrice du boom écologique. Elle participe activement à l’engouement de l’occasion « qui sera la mode de demain !» Un arbre à bijoux partagé est d’ailleurs mis gracieusement à disposition de ses clientes. Des clientes qui assument aujourd’hui leur attrait pour l’occasion. « Il y a quatorze ans, elles achetaient, mais elles ne le disaient pas. Aujourd’hui, certaines ne se privent pas pour narguer les copines ! » Le charme de ces objets de seconde main, c’est aussi leur histoire. « Une dame a craqué sur une bague d’occasion. Elle est revenue me dire qu’elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait un attachement particulier à ce bijou. Après avoir creusé, on a appris que cette bague venait de Saint-Pétersbourg. Le papa de l’acheteuse était mort sur le parvis de cette ville… » Et ces histoires là, seul l’occasion peut les révéler.

Emilie Jafrate

Intempor’Elles

43, rue Acklin, Landser

03 89 37 18 05

intemporelles.fr

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