Les jours fériés de mai, compliqué pour l’entreprise

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Avec quatre jours fériés dans le mois, sans compter les vacances scolaires cette semaine et l’obligation légale de solder les congés annuels avant le 30, ce mois de mai est un fromage plein de trous qui ne fait pas le bonheur des chefs d’entreprise…

« Une vraie catastrophe »

«Limpact le plus important, chez Solinest, se situe au niveau de la logistique. L’effet est double car il y a environ 20 % de jours ouvrés en moins, pour souvent des plans d’affaires annuels qui viennent à peine de se finaliser et donc un volume additionnel de 20 % à livrer», indique Bertrand Jacoberger, le PDG du groupe Solinest – 500 salariés, 320 M€ (millions d’euros) de chiffre d’affaires – basé à Brunstatt, qui, du fait des volumes supplémentaires à livrer à l’approche de l’été, embauche traditionnellement cinq ou six intérimaires.

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Bertrand Jacoberger

«En intégrant la difficulté à trouver du transport à bon prix compte tenu de l’activité généralement très soutenue, j’estime le surcoût à environ 5 %, soit 100000 € sur le mois.» Un coût direct que Bertrand Jacoberger multiplie par dix en incluant l’activité perdue, les lancements retardés… «Sans oublier que le besoin de solder des anciens jours de congés fait que le personnel restant travaille bien souvent dans lurgence, le stress et le tout augmente le risque derreur. La conjonction des ponts et le solde des congés est une vraie catastrophe», conclut Bertrand Jacoberger qui reconnaît que «le sujet est relativement peu abordé dans les instances ou syndicats professionnels».

Si les syndicats de salariés venaient à demander au patronat des avantages supplémentaires, le Medef ne serait pas hostile à mettre sur la table la question de la suppression d’un ou deux jours fériés. Mais «ce nest pas à lordre du jour», précise le président du Medef Alsace, Olivier Klotz, pour qui «les jours fériés en mai sont probablement bons pour le tourisme. Mais avec les ponts, ajoutés au solde des congés, ils sont une complication dans l’industrie.»

« Toute l’organisation du temps de travail est à revoir »

«Plus globalement, cest toute la problématique du temps de travail en France qui est compliqué», abonde Rémi Lesage, PDG de Rector (190 M€ de chiffre d’affaires pour 900 salariés). Et le chef d’entreprise mulhousien de noter que, «si les Allemands ne sont pas mieux lotis que nous sur le plan du nombre de jours fériés, ils nont pas le souci des 35 heures»… «Travaillant dans lactivité du logement neuf, une partie de nos usines est en activité partielle et, du fait de cette charge réduite et de la capacité à prévoir relativement tôt, nous ne souffrons pas de la situation. Mais plus de souplesse est nécessaire et je suis optimiste: les choses évoluent dans le bon sens», indique Rémi Lesage.

Patron de Westrand, PME de 27 salariés à Altkirch, Brice Kaszuk profite des ponts du mois de mai pour rendre visite à ses clients à l’étranger. Au programme ce mois-ci : le Maroc et la Chine. «Au niveau de la production, cela implique une anticipation et une organisation parfaite», souligne-t-il.

«On essaie danticiper au maximum mais chez Plastrance, nous avons une visibilité de quatre à six semaines», note, pour sa part, Laurent Naegelen. «Ces jours fériés sont sacrés, du fait de la religion ou de lhistoire. Nous nallons pas changer les choses», indique le PDG de Plastrance qui, cette année, a embauché «des intérimaires et CDD pour assurer production et facturation».

 

Laurent Naegelen
Laurent Naegelen

Au ralenti, pas à l’arrêt

PDG de Kermel (100 salariés) à Colmar, Markus Schwyn estime, lui, que «commercialement limpact est mesuré puisque nous réalisons 20 % de notre chiffre sur le marché français et une grande part hors Europe»«Le problème pour nous est plus en interne car il faut jongler avec les congés du personnel. Dans lannée, comme en décembre, mai est un mois dont il faut tenir compte au niveau de la logistique. Il y a moins de jours ouvrés en mai mais on rattrape en juin-juillet. Et au niveau de la production, mars et avril sont deux mois où l’on constitue du stock de manière préventive», explique Markus Schwyn, qui ajoute : «On profite du mois de mai pour gérer les congés, écluser les heures supplémentaires, effectuer les opérations de maintenance…» Preuve que si l’activité tourne au ralenti, jamais elle ne s’arrête vraiment.

Plutôt fatalistes face à un calendrier qui entraîne une désorganisation de l’activité économique, les chefs d’entreprise alsaciens s’adaptent au gré de situations très disparates.

Article publié avec l’aimable autorisation de Laurent Bodin, journaliste à l’Alsace

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Informations sur l'auteur :

PORTRAIT BEA

Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

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