Ti Hai, un voyage de saveurs au cœur du Vietnam

Après une première vie professionnelle accomplie, Estelle Manikon choisi de suivre les racines familiales… à sa façon. En mai 2019, elle lance son affaire de street restauration vietnamienne: Ti Haï Food Truck.

La culture vietnamienne, Estelle Manikon l’a ancrée dans le cœur. Ti Haï Food Truck ce n’est pas une simple aventure entrepreneuriale. C’est sa façon à elle de faire découvrir ‘’la cuisine de la maman’’ et de dépoussiérer les idées reçues. “Pour beaucoup de gens, la cuisine asiatique se résume aux buffets à volonté, déplore la jeune femme. Goûtez mes nems et mes samoussas…Vous ne les trouverez nulle part ailleurs!” Ti Haï Food truck propose des mets vietnamiens comme on les trouve là-bas, dans les rues. « J’avais envie de faire découvrir aux Alsaciens les vrais saveurs de ce que l’on retrouve à l’autre bout du monde. J’avais envie de montrer que la street food vietnamienne est riche, et qu’elle n’est pas composée uniquement de nouilles ou de riz cantonais», sourit-elle.

« Ti Haï veut dire grande soeur numéro 2 »
Un amour pour la culture vietnamienne, pour la famille, aussi. « Ti Haï veut dire grande soeur numéro 2. C’est mon surnom. Les numéros un, ce sont nos parents. » La cuisine est d’ailleurs une affaire de famille. « Ma grand-mère a gagné une baguette d’or du côté de Marseille et ma maman est cheffe dans un restaurant, en Suisse. » Estelle a bénéficié de l’expérience et des conseils de sa maman, pour faire évoluer sa cuisine. Aujourd’hui, elle travaille aux côtés de ses deux soeurs, Victoria et Kimberly. Les préparations se font à Bartenheim-la-Chaussée, au cœur de leur cuisine professionnelle aménagée dans la maison familiale. « On hâche, on assaisonne, on roule, on cuit toutes ensembles. On termine ensuite à la minute, dans notre Food Truck. Si ce projet Ti Haï Foodtruck réussi, c’est grâce à toute la famille. Nous sommes très solidaires! »

Le Bo Bun, son bestseller
La jeune femme a fait du Bo Bun sa spécialité. Et il est devenu un véritable best seller. « Ils sont évolutifs! Ce sont des bols composés de nouilles de riz, de crudités, d’oignons frits, accompagnés de boeuf sauté à la citronnelle, de tofu ou de poulet saté.» Ou alors une version nem pour un mélange de fraîcheur et de croustillant. Estelle Manikon a même su reconquérir une clientèle qui avait fini par bouder le sandwich vietnamien. « Nous avons failli l’arrêter, souligne-t-elle. C’est du poulet cuit au four, effiloché et revenu au wok, que nous intégrons ensuite dans une baguette française. Il a finalement réussi à trouver sa place. » Côté dessert, Ti Haï est également connu pour sa banane saïgonnaise. « C’est une banane coupée dans du lait de coco, accompagnée de billes de tapioca et de cacahuètes. » Mais sa carte ne se limite pas aux Bo Bun. Estelle Manikon propose aussi des suggestions du jour et de nombreuses entrées qui varient selon l’humeur du chef. Elle a également su faire redécouvrir le rouleau de printemps. « Il peut se faire avec d’autres ingrédients que des crevettes, souligne-t-elle. Nous le customisons avec du magret de canard aussi bien que du saumon. »

300 à 600 nems par jour
Lancé en mai 2019, Ti Haï Food Tuck a rapidement connu un joli succès. « Notre clientèle est inter-générationnelle. Nous avons également des Vietnamiens d’origine qui sont heureux de retrouver ces saveurs qui leur manquent tant. Leur confiance me touche.» Un succès qui se ressent en cuisine. « Avant, nous produisions nos nems tous les deux jours. Aujourd’hui, c’est tous les jours. Nous vendons 300 à 600 nems par jour. Certaines personnes viennent même en acheter une cinquantaine d’un coup pour pouvoir les congeler ensuite et se faire plaisir au fur et à mesure. » Ti Haï est présent sur trois marchés en semaine: Ranspach-le-Bas le mardi, Bartenheim le mercredi et Kappelen le jeudi. Le dimanche, le food-truck vietnamien s’installe sur le parking de Meubles Meier à Bartenheim-la-Chaussée. Et il y a quelques mois, Estelle Manikon a même poussé jusqu’à Niederhergheim sur demande d’une entreprise de la zone industrielle, avant de revenir sur ses bases. Le samedi est réservé aux événements privés. « Nous avions pu en vivre l’un ou l’autre avant la Covid, comme Folie’Flore, par exemple. Et depuis que le Président a parlé avec l’assouplissement des restrictions sanitaires, notre planning se remplit à nouveau. » Juin a d’ailleurs très vite affiché complet. Chaque premier samedi du mois, Ti Haï s’installe également sur le parking de la Boutique du Primeur Knecht, à Morschwiller-le-Bas. Pendant le Covid, Estelle a mis au point des kits que les personnes pouvaient venir récupérer et réchauffer à la maison. « Nous avions même des Mulhousiens qui venaient jusqu’à Bartenheim avec des commandes pour tous leurs voisins », sourit-elle.

Une application mobile à venir
Et Estelle Manikon ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Au rang des toutes dernières nouveautés, une fusion entre Ti Haï et Oh My Box. Un concept de brunch vietnamien proposé le dimanche matin, entre soeurs. Face aux demandes toujours plus nombreuses d’une carte de fidélité, la jeune femme travaille sur une application mobile pour offrir plus d’interactivité à ses clients. « Ils pourront également se géolocaliser pour voir où nous sommes par exemple. Ils auront nos emplacements, nos horaires et notre carte. » Le jeune femme songe également à décliner son concept ailleurs. « Nous avons beaucoup de demandes du côté de Mulhouse et de Guebwiller. L’avantage, c’est que nous sommes une grande famille et tout le monde adhère au projet. » Même si l’idée de franchise cogite dans son esprit, pas question d’aller trop vite.

Emilie Jafrate

Ti Hai
www.tihaifoodtruck.com
ti.hai.foodtruck@gmail.com
Facebook: Tihaifoodtruck
Possibilité de réserver les commandes à l’avance: 06 43 28 14 21


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Emilie Jafrate

Journaliste