CellProthera, tes cellules te soigneront

Ce projet de recherche innovant sur les cellules souches pour le traitement d’infarctus du myocarde sévère vient de lever 1.8M€ du Fonds Unique Interministériel (FUI), puis 2,5 millions d’euros de fonds d’investissements privés pour mener à bien ses travaux pour 2012 : la validation biologique d’un automate conçu par CellProthera. D’ici 2013, il faudra encore trouver 9 millions d’euros pour effectuer les essais cliniques du traitement sur 150 patients.

Le périscope, journal économique de Mulhouse et environs : CELL Prothera
Jean-Claude Jelsch

CardioCell, le programme de recherche sur les cellules souches pouvant régénérer le coeur après un infarctus retenu par le FUI, associe, sous la houlette du Professeur Philippe Hénon, Président et Directeur Scientifique de CellProthera, trois laboratoires : l’UNRS 938 de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) à Paris, l’Institut de Recherche en Hématologie et Transplantation (IRHT) à Mulhouse, et l’Université de Toledo aux Etats-Unis, ainsi que la société d’ingénierie Bertin Technologies, dans la région parisienne.

Un enjeu important

Des chiffres importants pour un enjeu colossal, puisque les infarctus du myocarde se chiffrent à 120.000 nouveaux cas par an, rien qu’en France. L’insuffisance cardiaque secondaire à un infarctus du myocarde sévère coûte cher à la collectivité (~2,5 milliards d’euros/an), entre pose de stents, pontages, voire transplantation cardiaque, hospitalisations répétées, traitement à vie, etc. Le programme – labellisé – CardioCell permettra en vitesse de croisière de ne dépenser au final que 15.000 euros par patient, grâce à un processus naturel sur lequel l’IRHT et le Professeur Hénon travaillent depuis plus de 25 ans : la régénération d’organes lésés par des cellules souches provenant du propre sang du malade. Pour cela, un automate a été mis au point pour trier et multiplier par 20 les cellules souches, afin d’obtenir à partir d’une simple prise de sang la quantité de cellules nécessaires pour un traitement efficace. Ce processus évite les traitements lourds ou invasifs, puisque le greffon cellulaire est ré-injecté directement dans le coeur du patient par voie interne, ceci pouvant se faire en ambulatoire. Jean-Claude Jelsch, Directeur Général de CellProthera, indique : « Notre secteur est évidemment très réglementé. Nous devons absolument passer par une validation biologique de l’automate, qui doit produire en très grand nombre des cellules souches ayant des caractéristiques identiques à celles des cellules initiales. C’est à quoi nous employons les 2,5 millions d’euros qui nous ont été attribués pour 2012 ». Une fois les tests effectués sur les trois automates des laboratoires participants, qui effectueront chacun 30 greffons-tests selon un protocole d’étude commun, les résultats en seront échangés, analysés, comparés et validés, en vue de l’étape suivante : les essais cliniques. «Lors d’un essai clinique initial de faisabilité réalisé entre 2002 et 2006, 7 patients avaient déjà été traités à Mulhouse par ré-injection intra-cardiaque de leurs cellules souches sanguines. Trois d’entre eux auraient dû subir une transplantation cardiaque qui a pu ainsi être évitée grâce à leurs propres cellules ! Tous sont en forme, même 9 ans après leur infarctus ».

150 essais cliniques prévus

Mais un essai clinique de plus grande ampleur s’impose maintenant. A partir de 2013, 150 patients seront traités en Europe, aux Etats- Unis et au Canada selon ce processus innovant. Sachant que dans un protocole thérapeutique de ce genre, le coût par patient revient à 60.0000 euros, le financement total nécessaire pour sa réalisation atteint donc environ 9 millions d’euros. CellProthera est d’ores et déjà à la recherche des fonds permettant d’assurer cette nouvelle étape.

Béatrice Fauroux

La SAS CellProthera en chiffres

• 9 personnes à Mulhouse,

• Chiffre d’affaires : encore inexistant, prévu à fin 2014.

• CellProthera recrute : un responsable qualité, un directeur médical, un responsable financier et une assistante.

• De nombreux partenaires :

– pour la recherche et le développement : Bertin Technologies (Montigny-le-Bretonneux, Yvelines) l’IRHT (Mulhouse), l’UPMC (Paris), l’Université de Toledo (Ohio, USA)
– pour les financements : OSEO, SODIV, Les Business Angels d’Alsace, la Région Alsace, m2A, Alsace Amorçage, la Financière Bendelé et R2M.

Note : Pour mieux connaître le Professeur Hénon, lire son portrait dans le livre récemment paru : « L’Audace, Mulhouse Haute-Alsace, Territoire d’entrepreneurs », en vente à la librairie Bisey.

Journal économique de Mulhouse et environs - Le périscope : information économique mulhousienContact : Maison du Technopole, 40 rue Marc Seguin, Mulhouse
03 89 32 76 27 / 03 89 64 74 18 / 06 07 73 85 57
www.cellprothera.com


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Béatrice Fauroux

Fondatrice et rédactrice en chef

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