Capital Initiative redonne souffle au Faudé, le chef Jérôme Gonigam rallume la flamme
Édition : Mulhouse/Sud-Alsace - 12 janvier 2026
À 29 ans, le chef Jérôme Gonigam reprend l’Hôtel-Restaurant Le Faudé à Lapoutroie, alors au bord du gouffre. Grâce à l’appui décisif de Capital Initiative et à une détermination sans faille, il sauve une institution locale et redonne vie à tout un territoire.
Issu d’une famille de restaurateurs et revenu des cuisines suisses après un parcours auprès de tables gastronomiques, Jérôme Gonigam, la trentaine pas encore atteinte, reprend les rênes d’une maison en grande difficulté, l’Hôtel-Restaurant Le Faudé, à Lapoutroie. Dettes proches du million d’euros, dix ans de bilans négatifs, mise aux normes sécurité en panne, piscine fermée d’urgence… Le repreneur restaurateur va de mauvaise surprise en mauvaise surprise.
Capital Initiative, l’appui décisif
Une affaire sur le point de disparaître jusqu’à l’intervention de Capital Initiative, qui rachète d’abord les murs via une SCI et injecte ensuite près de 300 000 euros pour relancer les travaux de mise en conformité. Fin 2023, 72 000 euros supplémentaires sont accordés à Jérôme Gonigam, pour payer les salaires. «Sans eux, on n’y arrivait pas: ils nous ont permis de passer le cap et de sauvegarder les emplois», souligne le chef, reconnaissant envers cet accompagnement de proximité et la souplesse accordée sur les loyers et les garanties. Le rachat des parts de la SCI est en projet à horizon 2027. « Si les prévisionnels sont conformes, trois banques seraient prêtes à nous suivre. »
« Nous revenons de très loin »
Les efforts commencent à porter leurs fruits : +30 % de chiffre d’affaires, retour à une «excellente rentabilité» et feu vert bancaire pour 100 000 € afin d’achever la mise aux normes. « Nous revenons de très loin, mais encore aujourd’hui, je suis en proie aux doutes, confie le jeune chef. Je ne m’attendais pas à autant de dettes, de travaux et le matériel lâche au fur et à mesure. Nous devons faire des choix chaque jour, en espérant que ce soient les bons. » Au-delà du défi économique, c’est un véritable engagement local dans lequel s’est lancé Jérôme Gonigam : « Nous drainons 18 à 22 000 personnes par an dans notre hôtel. Pour moi, cela avait bien plus de sens de continuer à faire vivre cet établissement que de continuer à me remplir les poches en Suisse. » Un choix fort, dans lequel sa conjointe Laetitia Flechelle a été d’un soutien sans faille, bien qu’il lui a valu 18 mois sans salaire, mais qui redonne vie à une institution.
Une cuisine sincère, ancrée et instinctive
En salle comme en cuisine, le modèle s’est affiné: carte locale teintée d’influences méditerranéennes, renouvelée quatre à six fois par an, et ouverture d’une activité traiteur – avec des banquets jusqu’à 250 personnes sur place ou hors les murs. L’équipe compte aujourd’hui 14 salariés et deux apprentis, soudés autour de valeurs communes : transmission, polyvalence et formation. L’Hôtel-Restaurant Le Faudé, affiche 70 couverts côté restaurant et 29 chambres côté hôtel. Jérôme Gonigam a appris tous les métiers de la maison, mais son cœur reste fidèle à la cuisine.
La cuisine, sa liberté
Le chef revendique une cuisine d’instinct. « Elle est ma liberté. Elle m’a toujours sauvé, elle est loyale, fidèle et elle permet d’apprendre sur soi. » Ici, tout est fait maison, dans le respect du terroir et des saisons. Une cuisine raffinée, sincère et lisible. « J’ai travaillé avec un chef italien pendant six ans, ce qui ajoute une touche méditerranéenne à nos plats. » L’ambition? Décrocher un Bib Gourmand, distinction du guide Michelin qui récompense les tables soignées à prix modéré.
Un renouveau salué par les clients
Ces transformations ont permis à l’établissement de renouer avec sa clientèle historique, tout en séduisant de nouveaux épicuriens. « Je me souviendrai toujours de mes premiers tours de salle : les clients étaient curieux de tout, des produits, de l’histoire… » Un lien sincère s’est tissé entre le chef et ses convives « Émotionnellement, j’ai pris ici beaucoup plus en un mois qu’en onze ans en Suisse. » Grâce à l’alliance du cœur et du capital, Le Faudé a retrouvé son âme. Et Lapoutroie, son chef.
Emilie Jafrate
Légende : Jérôme Gonigam, chef du Faudé à Lapoutroie, épaulé par Capital Initiative, a redonné souffle à une institution du territoire.
Hôtel Restaurant le Faudé
28, rue du Général Dufieux – 68650 Lapoutroie
03 89 47 50 35
faude.com