Ferronnerie Gaertner, un art traditionnel au bout des doigts à Ranspach

Notre dossier du mois s’est penché sur un métier artisanal en voie de disparition: la ferronnerie. Découvrez ce travail du métal minutieux et créatif à travers cinq entreprises de notre territoire.

Maxime Gaertner baigne dans l’atelier familial fondé en 1987 à Ranspach, depuis son plus jeune âge. Le métal n’a aucun secret pour lui. L’artisan est animé par l’envie de créer et son cœur bat au rythme des créations artistiques.

Rares sont les dimanches sans dessin. Chaque projet est une nouvelle aventure et chacune d’entre elle débute par un croquis fait main. De la simple grille au garde corps le plus élaboré, Maxime Gaertner s’adapte et voyage souvent à travers les époques, entre 1890 et 1920. Son coup de crayon est venu avec la passion. Après le dessin, l’acier. Il est transformé, coupé, puis forgé au charbon. « Je travaille beaucoup l’art nouveau et l’art déco mais je le mets au goût du jour ! Les ferronneries des années 70, elles, sont beaucoup plus simples et on m’en demande de moins en moins. » Cette envie de créer et cette curiosité, c’est ce qui l’anime depuis toujours.


Un art au service du patrimoine
« En ferronnerie, chacun a son style. Lorsque tu passes devant, tu reconnais tout de suite qui est derrière la réalisation. » Parmi les gros chantiers, le lustre pour l’église d’Eschentzwiller. Un lustre baroque pour une trentaine de luminaires avec chauffage infra-rouge intégré. Une œuvre qui a demandé près de 800 heures de travail. « Et c’est ma création. Je l’ai dessiné par rapport à l’orgue de cette même église. » La ferronnerie haut-rhinois est également visible à la Cathédrale de Strasbourg par le support de stèle “arbre” en fer forgé. Un reliquaire créé pour la béatification de mère Alphonse Marie Eppinger, fondatrice de l’ordre des Sœurs du Très Saint-Sauveur à Niederbronn. « Nous travaillons beaucoup sur les anciennes bâtisses avec des reproductions de garde corps, par exemple, pour conserver la valeur de ce patrimoine. Nous rénovons énormément. Sur les maisons récentes, l’esprit est bien plus contemporain. » Un contemporain relatif… « J’ai dessiné un garde corps esprit 1890 pour une maison neuve. Les propriétaires m’ont laissé carte blanche. Ce garde corps est devenu une pièce de décoration dans la maison. »


Une équipe de cinq personnes, dont trois forgerons professionnels
Si Maxime Gaertner nourrit un regret, c’est celui de ne pas avoir goûté à l’expérience de compagnon du devoir. Son BEP en poche, il a tout de suite commencé à se faire la main au sein de l’atelier familial. « Par contre, nous en accueillons régulièrement. Ils passent un ou deux ans chez nous. Leur présence est enrichissante. Ils nous permettent de découvrir de nouvelles techniques tout en se formant aux nôtres. Lorsqu’ils partent, ce sont des jeunes prêts à être embauchés. C’est dommage, mais cela fait partie du jeu. » Cette année, l’entreprise a accueilli un apprenti en BTS. La ferronnerie Gaertner peut aujourd’hui compter sur une équipe de cinq personnes, dont trois ferronniers professionnels. Des artisans qui évoluent dans un atelier de 600 m2.


Un large secteur d’intervention
Ces artisans interviennent depuis Ranspach jusqu’en Lorraine en passant par Strasbourg mais aussi jusque dans le Territoire de Belfort. Si les demandes de particuliers augmentent de plus en plus, la ferronnerie Gaertner travaille également pour des collectivités, des hôpitaux. Tout récemment, elle a réalisé dix structures décoratives pour la ville de Colmar. Des bacs ornés de plantations en métal d’une hauteur de 4 m et tous réalisés à la main. Il y a un an, c’est sur la Gloriette du Parc Albert 1er à Thann, qu’a planché Maxime.


Des travaux de proximité
Une entreprise à taille humaine qui ne souhaite pas grandir et qui savoure cette proximité avec sa clientèle. « Nous réalisons des petits travaux de maintenance dès que cela touche à la métallerie pour les communes, souligne Maxime. Cela va de la louche à ressouder pour un traiteur, à la soudure de pièces mécaniques, à la réalisation d’un lève personne sur-mesure pour une personne âgée dans un EHPAD. » Sans oublier le cadeaux personnalisés. « Nous avons réalisé un décapsuleur en forme de caducée pour fêter la thèse en pharmacie d’une personne, avec ses initiales et la date d’obtention. Nous avons tout fait à distance. » Une équipe qui ne recule devant rien. Fin mars, elle est allée installer une passerelle sur le site du Neufeld à Wildenstein pour l’accès à un nouveau sentier. Un site bien évidemment inaccessible en véhicule…


Emilie Jafrate


Ferronnerie Gaertner
18A rue du 2 Décembre, Ranspach
03 89 82 18 96
06 09 92 65 89
www.art-metal.fr
Facebook : Ferronnerie Gaertner


Informations sur l'auteur :

Emilie Jafrate

Journaliste

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