Changement de génération à la tête de la Ferronnerie Fogli, à Burnhaupt-le-Haut

Michel Henn passe la main à ses enfants, Julien et Stéphanie. Un changement de tête depuis le 1er mars 2021, mais pas d’état d’esprit pour cette ferronnerie née en 1973 à Burnhaupt-le-Haut.

Derrière la ferronnerie Fogli, Ottaviano Fogli. L’artisan débute en 1973, dans son garage avec, pour seul matériel, une scie et une lime. Après dix ans d’activité, Ottaviano Fogli construit un premier atelier de 160 m2, à côté de sa maison et il embauche ses trois premiers salariés. « Lorsque je suis arrivé, M. Fogli avait deux boîtes à chaussures, l’une à facturer, la seconde à payer, se souvient, en souriant, Michel Henn. C’est moi qui lui ai ramené son premier ordinateur. » Michel Henn rejoint l’aventure en 2005. « J’occupais une bonne place dans une entreprise suisse de 30 personnes. A l’époque, l’esprit y était familial et puis elle a été rachetée par un financier. J’ai quitté cette entreprise. » Le hasard a fait le reste. « Je suis passé chercher de la peinture pour un portail. J’avais mis un premier pied dans l’entreprise. M. Fogli cherchait à vendre. J’y ai mis le deuxième. »


Le développement de la métallerie industrielle
Deux ans plus tard, Michel Henn agrandit l’entreprise avec la construction d’un nouveau bâtiment de 300 m2. Si le cœur de métier était jusque là la ferronnerie d’art, le nouveau gérant développe la métallerie industrielle. L’industrie lui permet de faire monter ses effectifs à huit salariés. La ferronnerie Fogli s’installe également sur le marché hospitalier. Des chantiers décrochés dans la France entière. « Nous fabriquons tout ce qui ne se voit pas, souligne Michel Henn. La clinique Rhéna, à Strasbourg, nous a commandé des structures de deux tonnes qui ne doivent pas bouger d’un millimètre. » Présente dans les salles de radiologie, la ferronnerie Fogli réalise également des petites charpentes industrielles pour le secteur du BTP. Le développement important de cette métallurgie industrielle a permis à l’entreprise d’investir dans une machine de découpage plasma HD en 2017.


Des réalisations artistiques
Si la métallerie a pris le pas sur la ferronnerie d’art, l’entreprise continue tout de même la réalisation d’objets artistiques avec des projets qui sortent de l’ordinaire. Elle a réalisé la nageuse, installée à La Ciotat ou encore la vis gigantesque qui accueille les visiteurs à l’entrée de l’entreprise Bossard France à Souffelweyersheim. La ferronnerie Fogli réalise également chaque année d’impressionnantes œuvres pour les Journées d’Octobre, à l’instar de cet oiseau de métal qui accueille aujourd’hui toute personne qui accède à l’entreprise. « Chaque affaire est une belle aventure, précise Michel Henn. Nous avons aussi fabriqué des encriers pour un groupe d’emballage de cigarettes. Nous touchons des marchés différents les uns des autres parce que nous sommes capables de répondre aux moutons à cinq pattes. Dans 95% des cas, nous trouvons la solution ! Et pendant toutes ces années, je n’ai jamais connu de lassitude.»


75% de l’activité dédiée à l’industrie
Avant l’arrivée de la Covid-19, 75% de son activité était destinée à l’industrie, 25% au particulier. La ferronnerie Fogli a perdu deux mois de chiffre d’affaires avec l’arrivée de la pandémie. « Nous aurions pu continuer à travailler, mais nous n’avions pas de protection et nous n’avions plus d’approvisionnement en matières premières… Forcément, nous nous sommes posé des questions. Est-ce que l’on allait reprendre ? Est-ce que l’on allait tomber malades ? » Michel Henn et son fils Julien ont tout de même continué à travailler sur le chantier d’un Hyper U en cours. Une crise qui a également vu augmenter les demandes des particuliers.


Une histoire de cœur à pérenniser
Depuis le 1er mars, Julien Henn a repris la main, aux côtés de sa sœur, Stéphanie. Une entreprise dans laquelle ont grandi les nouveaux gérants. Une histoire qui leur tient à cœur et qu’ils souhaitent pérenniser. « Nous allons essayer de ramener un petit coup de jeune avec des méthodes actuelles. J’aimerais développer le découpage sur tôle pour agrémenter les claustras, les garde-corps, les clôtures de maison. Développer le marché du particulier, tout en conservant nos industries. Nous restons également très réactifs en cas d’urgence. Ce matin, par exemple, nous avons travaillé pendant 5 heures à -25 degrés dans une usine. » Pour la petite histoire, Julien Henn avait passé son stage de 3e au sein de l’entreprise familiale.


Emilie Jafrate


Fogli Ferronnerie
1 route de Guewenheim, Burnhaupt-le-Haut
03 89 48 71 39
www.fogli68.com
Facebook : FOGLI SARL


Informations sur l'auteur :

Emilie Jafrate

Journaliste

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