Le Coquelicot, l’hôtellerie-restauration de génération en génération

Le Coquelicot est une aventure familiale démarrée en 1993, à quatre mains. En 2006, Anita et Jean-François Arsens reprennent la partie hôtelière gérée par Mariette et Jean-Charles Gebel. Le Coquelicot devient alors un hôtel-restaurant.

Ils ont pu couvrir leur terrasse d’une soixantaine de couverts sous un chapiteau pour pouvoir ré-ouvrir leurs portes dès le 19 mai. L’appréhension de la reprise a rapidement laissé place au bonheur de retrouver leurs 12 employés, leurs clients du week-end et un semblant de normalité. Au premier confinement, en mars 2020, Anita et Jean-François Arsens ont été les précurseurs de la vente à emporter dans leur secteur. « Nous avons eu un véritable soutien de la population. Nos fidèles étaient au rendez-vous et ils prenaient régulièrement des nouvelles par mail ou par téléphone, sourit Anita. Le calme qui a suivi la fermeture de nos établissements était terrible. A l’annonce du premier confinement, nous avions 90 couverts prévus pour le lendemain. Nous avons fait venir nos équipes pour tout nettoyer et distribuer nos aliments. » Il a fallu accuser le coup. Et puis le couple en a profité pour ranger les lieux de fond en comble et embellir leur salle à manger. L’hôtel, lui, n’a jamais fermé ses portes. Le couple a fait le choix de le garder ouvert quatre jours par semaine pour ses VRP (représentants de commerces) et de proposer des repas à emporter le week-end. « Nous organisions des plateaux repas en chambre le soir, avec des plats cuisinés, et des petits déjeuner, se souvient Anita. Pour le midi, nous avons mis à disposition de quoi réchauffer les déjeuners. Nos clients de la semaine ont apprécié. Nous avons noué des liens avec ceux que j’appelle “nos clients confinement”. »


Des investissements constants, ralentis par la Covid
L’hôtel restaurant Le Coquelicot, ce sont 26 chambres, toutes rénovées entre 2014 et 2015. « Nous avons réalisé notre rénovation en six semaines, par tranches de six chambres », se souvient Anita. L’établissement dispose de trois salles de restaurant : l’une de 60 couverts, une salle de réunion/séminaire et banquet de 20 personnes et une salle de petit déjeuner pour une vingtaine de couverts également. Un restaurant remis à neuf en 2011. La terrasse, elle, a connu un coup de frais en 2019. Avec la pandémie, le couple a fait le choix de stopper les investissements. « Nous envisagions de refaire notre façade. Cela va attendre un peu. Nous avons mangé toute notre trésorerie avec le premier confinement et le PGE (Prêt Garanti par l’Etat) est une véritable pression, mais sans ce prêt, nous ne serions plus là… Nous reprendrons nos investissements lorsque nous le pourrons. »


Une clientèle d’affaires, de touristes et d’habitués
L’établissement attire plusieurs types de clients. Une clientèle affaires la semaine, généralement du lundi au jeudi soir, touristique, d’avril à septembre, mais aussi des fidèles qui se donnent rendez-vous de génération en génération côté restaurant, pour fêter les grands événements de la vie. « L’été dernier, nous avons accueilli le mariage d’un couple dont la famille était venue avec eux, enfants, pour leur baptême. Pour certains, le jour de Noël reste incontournable. Nous connaissons des familles qui venaient d’abord à 4, puis à 6, à 8. Ils sont aujourd’hui une vingtaine autour de la table. »


Une carte de saison et ses classiques revisités
Le chef Jean-François Arsens propose une carte de saison avec des produits locaux et de saison. « Mon mari est un anti-fraise l’hiver. Il tient au respect des saisons et part du principe que l’on peut aussi bien valoriser une pomme qu’une fraise. » Une cuisine simple et savoureuse, composée de classiques revisités. Son plat phare reste le suprême de poulet au munster. Une maison connue aussi pour son filet de sandre à l’Alsacienne, sur lit de choucroute. Le saumon fumé et le foie gras sont faits maison.


« Mettre les bouchées doubles »
Anita est fille d’hôtelier. En 1993, elle s’occupait du restaurant aux côtés de son mari, Jean-François, pendant que ses parents, Mariette et Jean-Charles Gebel, tenaient la partie hôtellerie, rachetée en 2006 par Anita et Jean-François. Leurs enfants, Marion et Alexandre, ont grandi dans cette atmosphère. « Notre fils a fait l’école hôtelière à Strasbourg avec une année complémentaire en sommellerie. Nous travaillons actuellement avec lui sur notre carte des vins. Nous aimerions proposer de grandes maisons méconnues. » Et il n’est pas rare de trouver Alexandre aux côtés de son père, en cuisine, pour dépanner. « Nous avons 51 et 53 ans et c’est la première fois que nous avons parlé retraite. Cette période était une parenthèse. Nous nous sommes retrouvés à travailler à deux. Pendant six mois, nous avons même réussi à manger ensemble le soir. Notre objectif, désormais, c’est de sauver notre entreprise et de mettre les bouchées doubles. »


Emilie Jafrate


Hôtel Restaurant Le Coquelicot
24 rue du Pont d’Aspach – Burnhaupt-le-Haut
03 89 83 10 10
www.lecoquelicot.fr


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Emilie Jafrate

Journaliste

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