Insef, Insef-Inter et la Table de la Fonderie, trois associations pour un seul ADN : le social et la solidarité

Thomas Dreyfus est au cœur de trois associations juridiquement indépendantes mais étroitement liées: Insef, Insef-Inter et La Table de la Fonderie. Trois associations qui permettent à des personnes éloignées de l’emploi de se construire des repères avec le monde du travail.

Basée à Lutterbach, Insef-Inter est une association dite intermédiaire, spécialisée dans le service à la personne (jardinage, repassage, ménage, travaux divers). Son objectif est de mettre du personnel à disposition du particulier, des collectivités, des associations aussi bien que des entreprises pour tout type de missions, de travaux administratifs au déneigement, travaux forestiers, agricoles, aussi bien que la distribution de tracts, collage d’affiches… Particularité de ces personnes mises à disposition : toutes sont éloignées de l’emploi. « Les associations intermédiaires sont les premières à avoir mis en place du service à la personne », souligne Thomas Dreyfus, responsable de la structure. L’association compte 25 équivalents temps pleins, soit entre 160 et 200 salariés par an. « Il y a dix ans, le particulier représentait 80% de notre clientèle et puis la concurrence a explosé. Le marché est ouvert, nous devons le développer. » Sa clientèle s’est aujourd’hui équilibrée entre les particuliers, les entreprises et les associations. La structure intervient à Lutterbach, Pfastatt, Morschwiller, Mulhouse et sur l’ensemble du Bassin Potassique. « Nous accompagnons beaucoup de femmes. L’emploi créé par ces contrats permet des horaires souples et adaptés à leurs contraintes. »


Insef, premier chantier d’insertion mis en place par la commune de Lutterbach
Quelques années avant la création d’Insef-Inter (en 1988) naît Insef (1985), sous l’impulsion de la commune de Lutterbach. « La commune avait lancé une expérimentation face à la montée du chômage, notamment des jeunes, explique Thomas Dreyfus. Une convention a été signée avec l’Etat pour monter un chantier d’insertion.» Des travaux de rénovation et d’embellissement ainsi que l’entretien des espaces verts ont ainsi été proposés au sein de cette même commune. La structure développe également une activité de restauration pour les personnes âgées de Lutterbach. Le projet devient inter-générationnel par l’intégration d’une cantine scolaire. L’association se restructure quelques années plus tard et créé une cantine pour l’association Marguerite Sinclair.


La restauration, vecteur de réinsertion
L’activité de restauration connaît un second rebond. « Nous avons alors pris en charge la restauration de périscolaires avec nettoyage de sites. » Une logistique confiée à Insef avec l’embauche d’un chef d’équipe et de trois CDDI (contrat à durée déterminée d’insertion). Thomas Dreyfus pousse plus loin encore cette activité de restauration. « En 2007/2008, le maire d’Ungersheim cherchait une structure pour faire des repas pour les enfants de sa commune. Mais avec 60 enfants, ce n’était économiquement pas viable. Il nous fallait 350 à 400 repas pour arriver à l’équilibre. » La commune investit alors dans un bâtiment et du matériel pour assurer la livraison de repas chauds et froids. En septembre 2014, l’association sort ses premiers repas pour les écoles et périscolaires de m2A. « Nous sommes à 500 repas par jour, ce qui nous permet de former des personnes dans la restauration avec tous les normes que cela implique. » Insef se fait alors sa place au milieu de gros concurrents. « Nos repas sont bios. Nous travaillons au maximum en local. Nos menus sont simples mais bons. Nous les préparons le matin, nous travaillons tout en frais. » Un chef et un cuisinier en chaud encadrent aujourd’hui sept personnes à la Centrale d’Ungersheim.


La Table de la Fonderie, un restaurant solidaire
Un autre chantier d’insertion voit le jour en 2008. Le restaurant solidaire la Table de La Fonderie avec, parmi les membres fondateurs, Insef, fort de ses expériences dans le domaine de la restauration. Un restaurant solidaire avec un concept bien à lui avec un menu sain et équilibré de 11 euros et de 6 euros pour les personnes en difficulté financière. L’objectif est de rompre l’isolement. « Parce que notre ADN est le social et la solidarité. L’idée était de créer du lien entre les personnes. » Des cartes sont également distribuées aux partenaires pour que les gens dans le besoin puissent bénéficier de menus solidaires. D’abord installé rue du Manège à Mulhouse, le restaurant déménage à Bourtzwiller, au PACS, début 2017. « Nous étions à l’étroit avec l’impossibilité de créer des accès pour les personnes à mobilité réduite. Nous avons également repris les clients qu’avait le restaurant du PACS qui a arrêté son activité fin 2016. » Une dizaine de salariés gravitent aujourd’hui autour de la Table de la Fonderie : en salle dont un encadrant et en cuisine, accompagnés du chef Clément Boeglin. Hors Covid-19, l’équipe réalise les livraisons le matin auprès des anciens clients du restaurant du PACS et le service en salle à midi. « Insef et la Table de la Fonderie ont connu un arrêt total en 2020 au moment du confinement. » Si le restaurant réalise en temps normal une trentaine de couverts par service, le rythme est actuellement de dix plats à emporter par jour. Le menu de la semaine est dévoilé sur leur site internet.


Emilie Jafrate


INSEF-INTER
52 rue Aristide Briand, Lutterbach
03 89 51 23 60
contact@insef-inter.fr
www.insef-inter.fr


La Table de la Fonderie
54 rue de Soultz, Mulhouse
03 89 51 02 39
www.table-fonderie.fr
Facebook : La Table de la Fonderie Restaurant Solidaire


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Emilie Jafrate

Journaliste

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