Du Nord au Sud Alsace, l’ARIA ‘’la joue collectif’’ pour relever les nouveaux défis auxquels est confrontée la filière

Dirigeant de la Maison Le Pic, spécialiste de la choucroute, à Meistratzheim, Sébastien Muller a été élu Président de l’ARIA Alsace (Association Régionale des Industries Alimentaires) le 20 mai 2022. Une prise de présidence dans un contexte inédit. Entretien.

• Qui est l’ARIA Alsace ?
Sébastien Muller (Président de l’ARIA) – L’ARIA représente les entreprises de l’agroalimentaire. Elle est composée d’une centaine d’entreprises, du champ à l’assiette, de la PME au grand groupe.

• Pourquoi vous êtes-vous engagé en tant que Président ?
Parce que je crois au collectif et que je suis impli- qué au sein de l’association depuis plus de dix ans sur différents sujets. J’ai par exemple, porté le projet de l’Escale alsacienne, dont le principe est d’ouvrir les portes des entreprises agroali- mentaires pour pouvoir raconter notre histoire et nos métiers au grand public. Mon objectif est de défendre l’Alsace et les bons produits alsa- ciens.

• Vous arrivez à la Présidence de l’ARIA dans un contexte particulier…
Entre la guerre en Ukraine, la crise Covid, la grippe aviaire et l’été en avance d’un mois, nous nous trouvons dans un contexte historique et inédit. Ce contexte ne touche pas uniquement la matière première agricole, il impacte l’énergie, les transports, l’emballage et la main-d’œuvre. Toutes les entreprises peinent à trouver du monde. Nous nous devons de la jouer collectif et de faire bouger les lignes rapidement. Notre mission est de nourrir la France. Il ne faut pas oublier que l’agroalimentaire est le premier secteur économique du pays, le deuxième en Alsace. Aujourd’hui, 4% du pouvoir d’achat des ménages est consacré à l’alimentaire contre 50% dans les années 50. Pour ne citer que quelques exemples, les pâtes alimentaires connaissent une inflation de +15%, les farines de 11%, les huiles de 10%, les cafés torréfiés de 8%… Nous sommes confrontés à un véritable défi, celui de la compétitivité et de la viabilité économique de nos entreprises.

• Quelles actions envisagez-vous ?
Nous devons rapidement bouger les lignes vis à vis de nos fournisseurs et de nos clients en créant des filières circuit court pour consommer local avec de bons produits. Nous allons travailler sur le recrutement par une commission regroupant des chefs d’entreprise touchés par le sujet ainsi que des partenaires que l’on rassemblera autour de la table. Nous avons besoin d’opérateurs de productions mais aussi de profils hybrides. Avec le Covid, nous avons mutualisé nos achats de masques et de gels. Nous devons nous inscrire dans cette continuité sur d’autres sujets. Nous devons également prendre le virage de la digitalisation.

• La ‘’Marque Alsace’’ de l’alimentaire s’appelle ‘’Savourez l’Alsace’’. Qu’en attendez-vous ?
Deux personnes ont été embauchées pour déve- lopper cette marque. Elle représente un éten- dard fort pour l’Industrie Alimentaire d’Alsace. Elle affiche aussi notre volonté de travailler en local, privilégier les circuits courts et dévelop- per des filières souveraines aux côtés de nos entreprises. Avec Valfleuri, par exemple, nous travaillons à la réimplantation de blé dans la région. Il en va de même pour le chou à choucroute. Nous avons également engagé des tra- vaux sur le houblon, le raifort et la moutarde.

Emilie Jafrate

ARIA ALSACE
Le Sébastopol, 3 Quai Kléber, Strasbourg
03 88 35 40 63
aria-alsace.com


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Emilie Jafrate

Journaliste

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