Ambulancier, un métier atypique aux valeurs humaines, porté dans le Haut-Rhin par Pierre Gurly

Ambulancier est un métier atypique que pratique Pierre Gurly. Un homme passionné, engagé aussi dans la professions. Ils sont 20 transports d’urgence dans le Haut-Rhin pour un total de 800 salariés. Particularité des Ambulanciers du Haut-Rhin. Elle est la seule corporation d’ambulanciers du territoire nationale à bénéficier de sa propre école.

Ce matin-là, Pierre Gurly n’était pas au volant de son ambulance mais dans les locaux de l’IFA 68 – l’institut de formation des ambulanciers – installé à Illzach. « Cette école est une véritable force, glisse-t-il. Du moment que nos candidats décrochent leur formation, nous pouvons complètement leur déléguer notre mission. C’est simple, le premier jour, on leur dit que pour bien faire, il faut se tromper le moins possible. Ils sont garants de la qualité de notre profession et c’est un métier dans lequel on ne craint pas ses collègues. » L’IFA dispense deux niveaux de formation : auxiliaire ambulancier ainsi qu’un Diplôme d’État Ambulancier avec une partie théorique mais aussi et surtout pratique au cœur d’une entreprise.

Devenir ambulancier pour donner un sens à sa vie
Des candidats aux profils variés mais avec un point commun: le besoin de donner un sens à leur vie. « Nous avons des universitaires dont les études n’ont pas abouties, des CAP de toute nature, de la boulangerie à la menuiserie. Souvent aussi des sapeurs pompiers volontaires qui veulent pousser plus loin encore leur engagement volontaire en en faisant leur métier. » Le premier niveau de formation est basé sur le secours d’urgence mais aussi sur la relation avec l’autre. « Nous ne connaissons pas notre clientèle à l’avance. La maladie touche tout le monde. Il faut avoir la capacité humaine de s’adapter à tout le monde. Dans les hôpitaux, le temps est limité pour le dialogue. Nous, ambulanciers, nous avons cette chance de pouvoir écouter. Nous devenons leurs confidents le temps de faire la route. Un mot, une phrase, un sourire permet d’apaiser.» Des liens se créent avec certains malades hospitalisés de jour et dont les allers retours avec les hôpitaux sont réguliers.

L’enjeu de la rémunération
Si cette quête de sens permet de former de nombreux candidats, leur faible rémunération les rattrapent bien vite. « Notre attractivité naturelle termine bien souvent pschit face aux 1100 euros versés par mois. Un ambulancier soulève entre 500kg et 1 tonne par jour, même si nos équipements se montrent de plus en plus performants. » Pierre Gurly n’hésite d’ailleurs pas à orienter ses meilleurs éléments vers les écoles d’infirmières. « Mais beaucoup reviennent en ambulance parce que l’attractivité du métier est prégnant. » Un métier qui ne soigne pas mais dont l’importance a été démontrée par la crise sanitaire. Un métier pourtant laissé sur le bord de la route par le Ségur de la Santé.

Emilie Jafrate

IFA – Centre de formation des ambulanciers du Haut-Rhin
1, Avenue du Général de Gaulle, Autoport Sud Alsace
68390 Sausheim
03 89 63 61 75


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Journaliste

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